‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 40 sur 274 · CHAPITRE XXXIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIIL

deux siècles. Enfin, il explique clairement que la bonne volonté ne manque pas à ces religieux , mais quHls ne se croient pas dans le droit de faire ainsi une telle séparation.

Machiavel fait entendre à la fin de sa lettre que la précipitation qu'il a mise à partir à cheval l'a un peu incommodé , et qu'en ce moment il se dispose à retourner à Florence.

Pendant ce voyage y il reçut une lettre de François Guicciardini, avec lequel il paraît qu'il avait une liaison assez ancienne. Cet illustre historien, alors gouverneur de Modène pour le pape, faisait un cas particulier de Nicolas; il lui écrit ime lettre où il lui dit :

«Très -cher Machiavel, ça été certainement une bonne « idée aux consuls de la laine de vous confier k vous , le soin de choisir un prédicateur , comme si on eût confié à Paochierotto, dans le cours de sa vie, le soin de trouver une belle et jolie femme pour un ami : je crois que vous répondrez à lattente qu*on a de vous, et que vous en viendrez à votre honneur , qui serait obscurci , si à votre âge , etc. »

Cette lettre a appartenu à des personnes scrupuleuses qui l'ont entièrement dénaturée , en en rayant plusieurs passages trop Ubres. La lettre finit ainsi :

« Si vous restez là trop long-temps , vous courez deux dangers , l'un ......... l'autre que Fair de Carpi vous fasse

devenir menteur; car telle est son influence, non-seulement aujourd'hui, mais encore depuis plusieurs siècles. Si par malheur, vous demeurez dans la maison de quelque Carpi^ gianoy votre cas est sans remède. Avez-vous visité cet évéque gouverneur? c'est une excellente mine d'homme, et il est capable de vous enseigner mille bons tours. Je me recommande à vous. F. Guicciardini. »

Machiavel lui répond : « Magnifice vir y major observandissime y et il commence ainsi : ^ J'étais sul

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cesso ' , quand j'ai reçu votre lettre. » Il fait ensuite quelques plaisanteries sur la seconde mission dont il a été chargé. Il raconte, de la manière la plus gaie, l'arrivée de l'archer porteur de la lettre du général : chacun s'émeut en voyant qu'il s'abaissait jusqu'à terre, et qu'il disait qu'on l'avait envoyé exprès pour porter cette dépêche. On court, on s'empresse; on demande quelles sont les nouvelles. Machiavel répond gravement que l'empereur était attendu à Trente , que les Suisses avaient convoqué de nouvelles diètes , et que le roi de France voulait s'aboucher avec l'empereur, mais que ses conseillers l'en déconseillaient. Tout le monde était là, la bouche ouverte, et le bonnet à la main.

Il répond ainsi sur le passage relatif aux Carpigiani, et cette réponse est remarquable.

« Quant aux mensonges des Carpigiani^ je suis en mesure de leur tenir tête ; il y a long-temps que je me suis fiiit docteur en ce genre, de manière que je ne voudrais pas de François Martelli pour manœuvre : depuis un certain temps

jusqu'à ce moment-ci, je ne dis jamais ce que je pense,

et si quelquefois, on me dit la vérité, je la cache de

façon qull est impossible de la retrouver. »

152J. Il ne faut certainement prendre ceci que pour une gaieté de lettre familière, et une sorte de forfanterie, peut-être pour une réminiscence d'un des derniers articles des Capitoliper una bizarra compagnia. Il se fait ici plus faux qu'il n'a été sans doute depuis les adulations du traité des Principautés ; encore, pour quiconque observe le cœur humain, et l'impression qu'avait dû produire un supplice aussi humiliant que cruel, ces adulations peuvent s'expliquer par les souvenirs de

« Ceci rappelle ce que uint Simon dit des andiences da doc de Vend6ne.

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