CHAPITRE XXXV
dWmiration , donnés par des hommes tels que Guicciardiniy ces commencements de faveur auprès du cardinal Jules, ne recommandassent pas au loin ce nom déjà si respecté. C'est ainsi qu'il passa l'année iSaS, mettant en ordre ses matériaux pour ces fa- 1523. meuses histoires florentines; il se livrait sans relâche à ce pénible travail en i5a4, puisqu'il écrivait à Guicciardini :
« Je me suis occupé, et je m'occupe dans ma villa à écrire 1 524. les histoires : je paierais dix sols je ne veux pas dire plus , pour que vous fussiez près de moi, et que je pusse vous '
montrer où j'en suis. Je dois en venir à certaines particularités : j'aurais besoin de savoir de vous si j'offense trop en exaltant, ou en abaissant les choses. Cependant je me conseillerai avec moi-même , et je m'attacherai à déclarer les choses de manière que quand j'aurai dit la vérité , je ne donne à personne occasion de se plaindre. »
Nous n'avons pas la réponse de Guicciardini à cette lettre, et pour là régularité et l'exactitude du récit des faits historiques , nous devons en éprouver quelques regrets. Nous aurions vu dans ce que Guicciardini aurait dit à ce sujet, à son très-cher Mackiat^el^^ ce qu'il lui aurait conseillé dans cette circonstance. Il n'y a pas de doute , ainsi qu'on le saura encore plus tard, qu'il n'ait existé une grande amitié et une parfaite intelligence entre ces deux célèbres historiens. Par quel événement difficile à expliquer, est-il arrivé que Guicciardini, dans son Istoria (TJtaliay ait si peu parlé de Machiavel ? Il le nomme comme ayant été envoyé pour traiter l'accord entre Florence et Pise; mais il y avait à dire bien autre chose de ses ouvrages, qu'il connaissait plus qu'un autre, et qu'il a souvent
' Voyes ohap. XXXJII, pag. 79.
no MACHIAVEL.
pris pour modèles. J'ai toujours soupçonné que , par suite de la défaveur attachée depuis si injustement au nom de Machiavel , on a effacé du manuscrit de Guicciardini, avant de l'imprimer, ce qu'il avait dit nécessairement en l'honneur du secrétaire Florentin, écrivain si illustre, et son ami. Guicciardi ni commence son histoire au moment où Machiavel finit la sienne. Il n'est pas possible que Guicciardini n'ait pas fait mention de cette circonstance, et on ne lit rien de pareil dans son ouvrage.