‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 57 sur 274 · CHAPITRE XXXVI. ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI. ii

Il a donc entrepris ce travail qu'il présente au saint 1 525. père. S. S. lui a ordonné de s'abstenir de toute adulation en parlant de ses ancêtres: il a du obéir. Il craint cependant de ne s'être pas assez conformé aux ^ volontés du pape, en décrivant la bonté de Jean, la sagesse de Cosme , l'humanité de Pierre l'ancien , la magnificence et la prudence de Laurent. Il n'a jamais voulu, dans des narrations, couvrir une oeuvre déshonnête par une honnête raison, ni dénigrer une œuvre louable comme faite dans une intention mauvaise. Il fuit les dénominations odieuses, comme peu nécessaires à la dignité et à la vérité de l'histoire.

Ce proemium explique le plan de l'auteur. Ce début fort court, est en même temps un beau morceau de narration. On sait d'avance quelles sont les époques que l'écrivain va parcourir ; puis il commence son livre premier, où il examine l'effet de^ irruptions des peuples septentrionaux sur les terres de l'empire romain. Nous allons présenter l'analyse des huit livres des Histoires florentines, qui embrassent tout l'espace de temps compris entre le règne de Théodose (379) et l'an i49^*

Les Goths de l'Occident qui habitaient les bords du Danube, les Bourguignons, les Francs, les Vandales et les Alains , qui cherchaient de nouvelles possessions , appelés sur les terres de l'empire par Stilicôn , s'établissent successivement dans divers pays de l'Europe. Les Lombards préfèrent la haute Italie. Des villes disparaissent, de nouvelles villes prennent naissance. Aquileja, Luni, Chiusi, Populonia, Fiesole, et beaucoup d'autres, sont détruites. Venise, Sienne, Ferrare, commencent à acquérir de la force.

Parmi celles qui , de petites qu'elles étaient , devin- //. 8

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rent grandes, on compte au premier rang Florence ^ Pise, Milan , Naples et Bologne.

Rome éprouve des défaites effroyables , mais reste toujours debout.

L'historien, en nommant Florence ^ a posé la première pierre de son édifice.

Au milieu de ces ruines et de ces nouveaux peuples, s'élèvent de nouvelles langues, comme on le remarque en observant celles que l'on parle encore en France , en Espagne et en Italie. Ces idiomes, mêlés avec la langue nationale de chaque peuple conquérant, et avec l'ancienne langue romaine, constituent un nouveau système de langage. Les noms changent partout : on ne reconnaît plus les lacs , les fleuves , les mers et les hommes; oui, les hommes eux-mêmes: au lieu de s'appeler César et Pompée, ils s'appellent Pierre, Jean et Mathieu. Entre tant de variations, celles delà religion ne sont pas les moindres. L'habitude du culte ancien luttant avec les miracles de la foi nouvelle, il en naît des tumultes et de graves dissidences parmi les hommes. Théodoric apaise une partie de ces maux, et , pendant trente-huit ans , lltalie jouit de quelque repos. Théodoric meurt; Athalaric, son petit-fils, est trahi ; Justinien envoie Bélisaire en Sicile , puis en Italie. Ce général occupe Naples et lltalie orientale.

Totila prend et saccage Rome. Longin, gouverneur de lltalie pour Justin , sous le nom d'exarque, résidait à Ravenne. Il envoie à Rome un duc, et il appelle cet état le duché romain , après avoir détruit les consuls et le sénat qui y îivaient été conservés jusqu'à ce moment.

L'auteur décrit rapidement les premiers effets de la puissance de l'Église. Pépin donne au pontife Ravenne, le pays d'Urbin et la Marche ; Charlemagne , après

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