CHAPITRE XXXVI. ii
avoir dispersé les Lombards, confirme ces dons.
Henri y duc de Bavière, est couronné empereur par 1525. Etienne VIII. Il a pour successeurs Conrad de Souabe et Henri H, oncle de la comtesse Mathilde, qui possédait, conjointement avec son mari , GottifrecU, Lucques, Parme, Reggio, Mantoue, et ce qu'on appelle encore aujourd'hui le patrimoine de saint Pierre. Henri s'étant déclaré contre le pape Alexandre H , il est le premier à sentir de quelle importance sont les blessures spirituelles. Le pape Alexandre U dépose ce souverain. Quelques peuples de l'Italie se déclarent pour l'empereur, d'autres, pour le pape; ce qui donne naissance au parti des Gibelins et des Guelfes, afin que lltalie, quand viennent à manquer les inondations barbares , soit déchirée par des discordes intestines.
Le pape Urbain H va en France; on prêche la première croisade. La comtesse Mathilde meurt, et laisse l'Église héritière de ses états.
J'ai entendu reprocher à Machiavel d'avoir omis ce Éait: il le consigne, au contraire, très-positivement dans le livre premier. Sous Honorius III sont fondés le» ordres de Saint-Dominique et de Saint-François.
Sous le pape Jean XXII , l'Église était défendue en partie par les Florentins.
L'organisation des divers états de lltalie est décrite à la fin du même livre, avec tous les détails qui expliquent leurs commencements, leurs progrès et leur puissance.
Dans le livre second, après de hautes réflexions sur la coutume qu'avaient les anciennes républiques de fonder des colonies, l'auteur entre en matière. L'origine de Florence, des observations sur les étymologies de son nom, sur son accroissement, sur sa division en parti Guelfe et en parti Gibelin, sur les principes
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de sa grandeur, sur la fondation primitive de douze arts, sept grands et cinq mineurs, sur l'adjonction à ces derniers de neuf autres arts nouveaux , de manière qu'en tout ils s'élevèrent au nombre de vingt -un, comme au temps où écrivait l'auteur; ces diverses classifications forment les premières pages du second livre.
Florence est de nouveau tourmentée par des querelles entre des partis qui s'appellent les Noirs et les Blancs. Le pape envoie, un légat pour rétablir l'ordre dans cette ville, qui avait été jusqu'alors le bouclier de l'Église. Le Dante , qui montra un grand caractère dans ces temps de troubles, et qui était membre du gouvernement établi sous le nom de Priori, est cité honorablement. Il est exilé avec les Florentins de son parti. La ville reste en proie à l'anarchie suscitée par des factions toujours renaissantes du peuple et des grands, des Guelfes et des Gibelins, des Noirs et des Blancs. Parmi ceux qui suscitaient ce scandale, on distingue les Médicis et les Giugni, C'est ainsi que Machiavel introduit les Médicis dans son Histoire. Il tient déjà parole au pape Qément VII, issu de cette célèbre maison, et auquel il avait promis de ne pas flatter sa famille.
Les Médicis paraissent ici partisans des Gibelins et des Blancs, c'est-à-dire de l'empereur. Ces événements se rapportent à l'an 1 3o4.
Plus tard, dans un moment de calme, les bannis Gibelins sont rappelés; mais quelques-uns d'enfa-e eux, plus passionnés et plus redoutés, restent toujours condamnés à l'exil : de ce nombre est Dante AKghiéri.
Florence alors se donne pour cinq ans au roi de Naples, Robert.
Uguccione, seigneur de Pise et de Lucques, dé-