‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 7 sur 274 · CHAPITRE XXVII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. i

Avant de raconter les événements de son âne, l'auteur rapporte l'histoire d'un jeune Florentin qui avait l'habitude de courir tous les jours dans les rues, sans nul motif, et par quelque temps que ce fut. Son père voulut le faire guérir, mais en vain. Un charlatan en prit le soin: l'enfant parut guéri, puis tout-à-coup retomba dans son dé&ut , et continua de courir comme auparavant, en disant : « Le Christ lui-même ne me retiendrait pas. »

« Moi aussi, ayant déjà eu l'habitude de* mordre celui-ci et celui-là, pendant un temps je restai très-tranquille, poli et patient , ne remarquant plus les défauts des autres, cherchant à mlnstruire dune autre manière, et je me crus guéri. Mais ce temps-ci est si dépitant et si méchant, que sans avoir les jeux d'Argus, on yoit plutôt le mal que le bien ^ »

Ce début annonce clairement une satire. L'auteur continue :

« Ainsi donc, si je répands encore un peu de venin , qnoi-

S' io fossi ancor di mia prova tenuto , Più ch' io non soglio , cosi mi comanda Quel asin , aotto il quale io son vissuto.

Volse già famé un bere in fonte Branda Ben tutta Siena ; e poi gli mise in booca Una goodola d*acqua a randa a randa ;

BAa se il ciel naovi sdegni non trabooca, Contra di me^ e' si fera sentire Per tutto un raglio, e sia zara a chi tocca.

■ Ed io, avendo già Tolta la mente

A morder questo e quello, un tempo stetti Assai quieto, umano e paziente, Non osservando più gli altrui difetti, Cercando in ahro modo fare acquisto :

Tal che d* esser guarito io mi credetti. Bla questo tempo dispettoso e tristo Fa, senza ch*alcan* abbia gli occbi d*Argo, Più tosto il mal ch* il bene ha sempre Titto.

i4 MACHIAVEL.

qm f aie dîscominae de dire du mârl , }y suis contraxnt par le temps qui fournit une si large matière; car notre âne qui a porté ses pas; dans tant d'échelles de notre monde , pour connaître Tesprit de tous les mortels . . . ., le ciel lui-même ne lempécherait pas de braire '. »

Suit une description un peu semblable à c^le du début du Dante dans son Enfer. Ce souvenir s'est offert si vivewfient à Fesprit de Nicok», <jue, dans un seul petit passage d'Alighiéri , il a copié an vers tout entier, en n'y changeant qu'un mot*.

Il se trouve égaré dans un lieu sombre, où il éprouve les plus violents sentiments d'effroi; une femme, remarquable par sa beauté, lui apparaît: elle tenait d'une main un flambeau allumé, et de l'autre, un cor dont elle faisait entendre les sons. Derrière, marchait une foule innombrable d'ours^ de loups, de lions, de cerfs, de blaireaux et de sangliers, etc. Cette femme lui dit qu'elle appartient à Circé, et qu'elle est chargée de faire paître ce troupeau de bêtes : elle lui apprend en même temps que ces bêtes ont été des hommel; ceux-ci se sont égarés dans la forêt, et Circé, d'un seul regard, les a transformés en bêtes : chacun de ces hommes est devenu la bête avec laquelle il avait

> Onde se alquanto or dî veleno spargo , Ben ch'io mi sia divezzo di dir maie, Mi sforza il tempo di materia largo; E rasin nostro che per tante scale

Di <|iie8to nostro mondo ha mosso i paaii , Per ringepio vader d'egni m^rtale^

Non lu terrebbe il cial ehe imd nggjûassi. > Machiatel dit :

lo non vi so bol dir eitM'ioVeDtriL Dante dit :

Vmaû m be» ridir oom'io v'tiÊXniw

Page 1