‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 91 sur 274 · CHAPITRE XXXVIII. i8i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII. i8i

dennes actions, ce que j'entends, moi, sur l'art de la guerre. » « Que ce soit une chose dangereuse d écrire sur un état dont on n'a pas fait profession, je ne crois pas que ce soit une erreur d occuper, par des paroles, un rang que d*autres, avec une plus grande présomption , ont occupé par leurs œuvres. Les erreurs que je commettrai en écrivant peuvent être corrigées sans qu'il en coûte rien à personne; mais celles qu'ont faites les autres en opérant, ne sont connues qu'avec la ruine des empires. »

« Vous, cependant, Laurent, vous examinerez les qualités de mon travail, et vous lui donnerez, par votre jugement, le blâme ou la louange qu'il vous paraîtra mériter. »

« Je vous l'envoie, quoique mes moyens n'y ajoutent rien , pour me montrer reconnaissant des bienfaits que j'ai reçus de vous ; et puis encore parce que , comme il est d'usage d'honorer avec de telles offres ceux qui brillent par leur no* blesse, leurs richesses, leur esprit, leur libéralité, je reconnais , qu'en richesses et en noblesse , vous n'avez pas beaucoup d'égaux : en esprit vous en avez un petit nombre , et en libéralité vous n'en avez aucun. »

Un petit tableau précédant l'ouvrage et adressé au lecteur, présente tous les signes qui expliquent où sont placés dans les plans, les fantassins, les centurions (expression qu'il emprunte aux Romains), le drapeau, les hommes d'armes, les chevau-légers, l'artillerie.

Dans le livre premier, Fauteur rappelle la mémoire de son ami Cosme Rucellai, petit-fils de l'illustre Bernard, qu'il loue comme un des plus grands citoyens de la république. Il feint que Fabrice Colonne, célèbre général, revenant de laLombardie, passe par Florence pour y visiter Laurent de Médicis, neveu de Léon X, créé duc d'Urbin par son oncle; que Cosme Rucellai l'invite à venir dans ses fameux jardins où il se trouve avec Zanobi Buondelmonti, Raphaël délia

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Palla et Louis Alamanni, jeunes gens qu'il chérissait, et qui se livraient aux mêmes études. Les fêtes finies, les repas achevés, la chaleur étant encore très-forte, Cosme jugea à propos de conduire Fahrice et ses amis dans la partie la plus retirée et la plus omhragée de son jardin. Arrivés dans cet endroit solitaire, les uns s'assirent sur l'herbe qui était très-épaisse, les autres sur des sièges préparés à cet effet. Fabrice parut frappé de la beauté de ce séjour, et considérant attentivement les beaux arbres qui l'ornaient, il déclara ne pas savoir leurs noms. Cosme l'ayant entendu parler ainsi, lui dit :

n Vous ne connaissez pas une partie de ces arbres : ne vous en étonnez pas* Il y en a quelques-uns que nos anciens ont célél)rés plus qu'on ne les considère aujourd'hui. »

Alors il expliqua comment Bernard Rucellai son aïeul s'était appliqué à cette culture. Fabrice répondit :

« Je sais bien qu il en était ce que vous dites ; et cela me faisait ressouvenir de quelques princes du royaume (de Naples) qui prenaient plaisir à trouver chez eux ces cultures antiques et ces ombres si épaisses. »

Ici il cessa de parler; puis se reprenant, il ajouta :

«Si je ne craignais d'offenser, j'en dirais mon opinion, mais je crains de le faire, parlant avec des amis pour causer des choses , et non pour les calomnier. Qu'il me soit permis cependant de le dire , sans offenser personne , qu'il aurait mieux valu chercher à ressembler aux anciens dans les choses âpres et fortes , et non dans les habitudes molles et délicates , dans les choses qu'ils faisaient sous le soleil , et non pas à l'ombre ; de prendre les modes de lantiquité vraie et parfaite, nou ceux de l'antiquité fausse et corrompue, parce que lorsque ces goûts plurent à nos Romains,ma patrie fut ruinée.»

Cosnie lui répondit à son tour; et pour fuir ici, ajoute l'auteur, l'ennui des il lui dit et P autre repartit y

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