CHAPITRE XXXVIII
et mottlins, bnisler les bleds et fourrages ^ et défoncer les vins de tous ceux qui n'avaient fait diligence de les retirer es places fortes, aussi gaster les puysy jettant des bleds dedans y afin d^y corrompre les eaues^. •
Jepersiste toutefois à reconnaître qu*il y a la bonne et la mauvaise guerre, la ruse permise, et la perfidie ignoble et dégoûtante. Ce dernier moyen, dont il n'est plus resté d'exemple que dans les guerres en Orient , répugne trop à la civilisation actuelle pour n'être pas frappé dejla plus éclatante réprobation.
La continence de Scipion est rappelée avec toutes les expressions de l'admiration qu'elle mérite.
A propos des retranchements, il blâme ceux qui ont entre eux des communications trop faciles. La forteresse où la comtesse Catherine se défendit contre César Borgia qui l'assiégeait, fut prise parce que la citadelle communiquait avec d'autres lieux mal défendus , et pourvus de ponts-levis qui ne furent pas abaissés assez tôt.
Nous revoyons César Borgia, mais sans éloges. Il est ici un simple général qui profite de la faute d'un ennemi. Plus loin, il est encore cité pour avoir fait tme contre-marche heureuse. Après une feinte sur Câmérino, il alla, à l'improviste, s'emparer du duché d'Urbin.
Fabrice rapporte un exemple de sévérité terrible diphicrate l'Athénien : il tua un garde qui dormait, disant qu'il l'avait laissé comme il l'avait trouvé. Napoléon fut plus généreux pour le conscrit harassé de fatigue qu'il trouva dormant , et dont il acheva , diton, la faction.
^ GoUectîon des mémoires relatifs à Thistoire de France , i8a i , Do Bellay , UT.Vn,pag. i3.
iga MACHIAVEL.
Il faut lire dans le même livre les diverses ruses de guerre pour faire parvenir des nouvelles à des assiégés. Les uns ont écrit dans le fourreau d'une épée. D'autres ont mis des lettres dans un pain cru que l'on a cuit après, et que portait comme sa nourriture celui qui était envoyé dans la ville investie. La ruse était bien mauvaise, si les soldats du blocus avaient soufTert de la disette. Les autres ont mis une lettre dans le collier d'un chien accoutumé à suivre celui qui était désigné pour être messager. Dans la dernière guerre d'Italie, les lettres étaient souvent portées par des moines mendiants.
« Aux accidents subits on remédie avec difficulté; on remédie avec facilité aux accidents prévus. Les hommes, le fer, l'argent et le pain, sont le nerf de la guerre. Des quatre, les deux premiers sont les plus nécessaires , parce que les hommes et le fer trouvent l'argent et;, le pain. Le pain et l'argent ne trouvent pas les hommes et le fer. Le désarmé riche est la récompense du soldat pauvre. Accoutumez les soldats à mépriser une vie de délicatesse et de luxe. »
Il ne veut pas parler de la mer , parce qu'il n'a aucune expérience maritime. Il disserte fort habilement sur la manière de se procurer des chevaux, de les former, et d'obtenir une bonne cavalerie.
Il loue les inventions du général qui deviennent le sujet des entretiens des soldats. Alexandre pour décamper plus secrètement ne fit pas donner le signal avec la trompette , mais avec un bonnet sur une lance. Il ordonna un jour à ses soldats , afin qu'ils pussent recevoir plus fortement l'attaque de l'ennemi, de s'agenouiller et de mettre à terre le pied gauche. Cette manœuvre ayant donné la victoire , les statues d'Alexandre l'ont ensuite représenté souvent dans cette attitude.