IC H
Ici la vériScation devient plus qu'imparfaite; mais, dans l'évaluatior de simples différences, les chiffres d'expérience peuvent être en défaut aussi bien que les résultats calculés; l'anomalie dans la supériorité dt la marche à deux machines, trop faible dans l'expérience à 8 nœuds rend même suspectes les différences d'utilisation observées.
Quoiqu'il en soit, nous nous servirons de la formule (36), à défaut d( mieux, lorsqu'il nous faudra, dans le cours du chapitre VIII, évaluer 1( rendement u des machines, pour arriver à suivre les variations du ren dément m, des hélices, le produit ««, étant seul connu.
129. — Expériences nécessaires pour la mesure du rendement méea nique. — Les calculs des deux numéros qui précèdent ne peuvent présenterque de simples probabilités d'exactitude, et, cela, même en ce qu: concerne les pertes de travail dues aux frottements. Les pertes résultanl des trépidations de la coque, qui sont particulières aux machines ma rines, leur échappent absolument.
La connaissance du rendement mécanique « aurait besoin d'être à la fois plus certaine et plus complète, parce qu'elle présente, pour le cons tructeur, plus qu'un simple intérêt spéculatif.
Dans l'expression de la vitesse des navires.
Vf-
déduite de la formule de la résistance
R = iB'V,
la valeur du coefficient d'utilisation générale,
ne peut servir à dL-leraiiner qu'une seule des trois inconnues u, m,, A. II faut la réserver pour la délenninalion du rendement de l'hélice m,, ou s'en servir comme d'une équation de vérification.
La valeur du coefficient de résistance de la carène k se détfrmint assez bien aujourd'hui à l'aide des expériences sur les modèles, qu:
s'exécutent aujourd'hui dans la plupart des Marines, en appliquant le théorème de similitude dynamique de Reech, et qui se feront sans doute bientôt en France.
Il faut donc, tout au moins, pour n'avoir qu'une inconnue dans l'équation (16), déterminer exactement m, à l'aide d'expériences sur les navires eux-mêmes.
L'emploi du frein de Prony étant écarté, il reste la possibilité de mesurer le travail transmis à l'hélice, à l'aide de dynamomètres de rotalion.
Dans les expériences de MM. Jay et Guède sur VElorUy 1858-1862, le travail transmis à l'hélice était mesuré, en même temps que le travail indiqué et la poussée de l'hélice. Malheureusement les dynamomètres Taurines, qui ont fourni, au sujet du rendement u^ des hélices, des données intéressantes, qui seront citées au chapitre VllI, u^ 142, n'ont rien
Zlf
ZTfF
Fig. 209.
donné de suivi et de concordant, en ce qui concerne le rendement u de la machine. Si l'on cherche, en particulier, à tracer, d'après les expériences del'jF/orn, la courbe des variations de u en fonction des variations de F, comme sur la figure 208, on n'obtient qu'un archipel de points, où il est impossible de découvrir, même une simple direction
Depuis lors, l'idée de mesurer le moment de rotation par la simple flexion de l'arbre a été émise, pour la première fois, je crois, par M. Hirn, puis reprise et appliquée par M. Mermet à la construction d'un instrument. On peut même considérer la période des applications comme ouverte, car la figure 209 représente la courbe des moments moteurs transmis à l'hélice de la CarpCy relevée par M. Minel, à l'aide du dynamomètre Mermet. De plus, des études se poursuivent, pour augmenter la précision des relevés fournis par cet instrument. Les dynamomètres par mesure de torsion ont l'avantage de supprimer, autant que possible, le mouvement relatif entre les deux portions de l'arbre soumises au moment qu'ils enregistrent.
D'un autre côté, la recherche des moyens de mesurer le couple à l'aide de dynamomètres à ressorts mieux disposés que l'ancien appareil
de Taurines n'a pas été abandonnée. Ainsi, dans une étude toute récente, M. Ripard a proposé remploi de ressorts à lame A, A, disposés, comme Tindique la figure 210, de manière à ne laisser place, entre les
Fig. 210.
deux tourteaux B, B' de l'arbre, qu'à des mouvements relatifs peu étendus. Un collier ce placé sur le tourteau B', et actionné par un levier à sonnette e, subit un mouvement de recul, proportionnel au petit déplacement angulaire des deux tourteaux l'un par rapport à l'autre; le mouvement est ensuite transmis par un levier à fourche ef à un tambour enregistreur T. On peut obtenir ainsi, sans très grande dépense, des résultats intéressants à connaître.
Les études ne manquent pas en France, comme on le voit, pour nous maintenir, ou pour nous replacera notre ancien rang, dans la recherche des données scientifiques, qui conduisent presque toujours, à bref délai, à d'utiles applications pratiques.