‹ Madagascar au début du xxe siècleChapitre 15 sur 67 · GUILLAUME GRANDIDIER · texte numérisé non relu

GUILLAUME GRANDIDIER

Si rîle de Madagascar est intéressante par la constitution géologique de son sol ainsi que par Tétrangeté de ses productions minéralogiques et botaniques, elle ne Test pas moins par sa faune qui n'a d'affinités avec aucune autre du globe. Les types qui la caractérisent appartiennent en effet le plus souvent à des familles particulières, (fuelquefois même à des ordres spéciaux, qui font de la grande île un continent zoologique séparé du reste du monde avec tant d'évidence d'ailleurs que Wallaco, dans son ouvrage sur la distribution géographique des animaux, fait une subdivision spéciale comprenant seulement Madagascar et les petites îles voisines.

La faune malgache est un des problèmes les plus complexes de la vie des êtres, problême (jui est encore imparfaitement résolu. Néanmoins, après une esquisse à grands traits des principaux animaux de Madagascar, nous tenterons, autant que Tétat actuel de nos connaissances nous le permet, de la comparer soit à celle de l'Afrique, soit à celle de l'Asie ou de l'Océanie, soit même à celle des anciens âges géologiques.

Madagascar, ainsi que nous l'ont montré les conférences précédentes, comprend trois régions bien distinctes par leur aspect physique, par leur constitution géologique, parleur végétation et par leur climat: la région de l'Est et d'une petite partie du Nord-Ouest, qui est montagneuse, chaude, humide et couverte suivant les localités, soit de forêts, soit de plantes herbacées plus ou moins grandes; le massif central, qui est très accidenté et presque entièrement dépourvu d'arbres et d'arbustes, et eniin la région de l'Ouest et du Sud, qui est plate, sèche et sablonneuse, avec, çà et là, des bois et des bouquets d'arbres.

MADAGA8CAB. 12

158 <î. (.HANhiniKH

La i'aune du centre de 1 île est très pauvre, parce que ses montagnes nues et arides ne peuvent donner asile qu'à certains animaux et en petit nombre. Les deux régions littorales sont au contraire riches en animaux de toutes sortes ; mais s'il en est qui habitent indifl'éremraent l'une ou Vautre, il y en a beaucoup qui sont cantonnés à [yen prcs exclusivement dans chacune d'elles et qui leur donnent une physionomie particulière; il y en a même qui ont un habitat plus restreint encore, vivant dans un espace de quelques lieues carrées, en dehors duquel il est impossible de les trouver.

Page 1