NOMS DE NOMBRES
Un Isa Sa Sa Isa
Deux Roua Doua Ro Dalawa
Trois Telo Tiga Telou Tatlo
Quatre Efatrà. Ampat Pat Apat
Cinq Dimy Lima Lima Lima
Six Enina Anam Nem ; Nenem Anim
Sept Fïto Toudjouh Pitou Pito
Huit Valo Doulapan Wolou Walo
Neuf Sivy Sambilan Songo Siyam
Dix Folo Poulouh Poulouh Polo
Cent se dit zato en malgache et ratons en malais. Mille se dit arivo en malgache et sa-ribou en malais.
La ressemblance des dix premiers noms de nombres est frappante. Le seul nom de nombre malgache qui semble diflérent de ses congénères, c'est sivy (neuf); mais si on l'examine de près, on peut y reconnaître la forme contractée de sa-ivOy à la lettre (un abaissé) qui, dans l'instrument naturel de la numération (les doigts de la main), exprime le nombre neuf. En javanais le mot sijy (un, un seul) se rapproche du sivy malgache. Le mot malais sambilan (neuf) nous semble formé de sa (un) et ambilan (pris, ôté, sous-entendu : des dix doigts de la main). Il est digne de renianiue que cet emploi d'un mot exprimant Tunité pour exprimer le nombre neuf et la forme même
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du 8ivy malgache se retrouvent à la fois dans diverses iles de l'archipel indien (siya^ siwa^ sivy)^ aux Philippines (siyam)^ à Formose (siwa, stba)y dans la Nouvelle-Zélande (iwa), aux îles Sandwich (iva) et en Papouasie (siou).
Pour la formation des noms de nombres ordinaux les Malgaches préfixent faha à chacun des noms de nombres cardinaux. Ex. : fahtaelo (troisi^me), fahavalo (huitième), etc. Les Malais, Tagals et Javanais usent d'un procédé semblable et emploient respectivement les préfixes ka^ ikaetping.
Du pronom. - — On peut dire que les pronoms personnels moi, ioi, lui ou elle sont en malgache les mêmes qu'en malais et en tagalog.
Ex. : aho (je ou moi) en malgache, akou en malais, ako en tagalog anao (tu ou toi) — angkao — ikao —
izy (lui, elle) — iya — siya —
Le pluriel nous se rend en malgache, en malais, en tagalog, par deux mots distincts, selon qu'il est inclusif on exclusif.
Dans le premier cas les Malgaches disent pour nous : atsika ou istka ; les Malais hita ; les Tagals kita ou tàyo. Dans le second cas, les Malgaches disent pour nous : zahay ou izahay^ les Malais kami, et les Tagals aussi Kami, Ce double pluriel se produit également dans plusieurs dialectes océaniens. Ny, article défini du malgaches est aussi pronom personnel de la troisième personne ; dans ce cas, il signifie de lui^ d*elle ; il se place après le substantif et joue le rôle d'adjectif possessif. Il correspond au malais nya et joue le même rôle. Ex. : en malgache, ny ada ny (le père de lui, son père) ; en malais, bapa nya,
Idiotismes. — Les idiotismes se ressemblent dans les langues de même famille et prennent un caractère tout différent dans les langues sans affinités.
Ex. : un Malais et un Malgache, pour rendre notre mot flamme, diront, le premier : lidah apiy le second : lela-afou (langue de feu).
Un Malais, un Javanais et un Malgache diront pour notre mot mollet: bouah betis^ woh mentis et voa-vity ffruit de la jambe). Les Malgaches disent encore kibondranjo et aussi les Malais : prout kahi, e'est-à-dire (ventre de la jambe).
Pour capitale: ibou negri (mère du pays) en malais, et de même en malgache : reni-vohitra.
Pour larmes : ayer mata (eau des yeux) en malais , et de même
en malgache : rano.maso.
Pour prunelle ou pupille de l'œil : anak mata (enfant de Tœil),
en malgache : anakandria maso (enfant noble de l'œil). Pour lait : ayer sousou (eau des mamelles) en malais, et de même
en malgache: rano.nono ou ro.nono.
Pour mer: rano-masin (eau-salée), en javanais, et de même
en malgache : ranomasina.
Pour voyelle : anak nî sorat (enfant de la lettre) en batak, et de
même en malgache : zanaka ny soratra ou zanatso-
ratra.
Pour flèche : anak panah (enfant de Tare) en malais, et de même
en malgache : anak'antsaky.
Pour échelons: anak-tanga (enfant de Téchellej en malais, et de
même en malgache : zana'tohatra.
?ouT soleil: mata-hari (œil du jour) en malais, et de même
en malgache : maso-andro, etc. '
Nous ne parlons pas des affinités particulières des idiomes des Papous de la Nouvelle-Guinée et des lies voisines avec les langues malayo-polynésiennes ; ce sujet a été amplement traité par le D»* Kern, de Leyde, dans un savant mémoire présenté au Congrès international des Orientalistes, tenu à Leyde en 1883. Entre autres faits linguistiques intéressants, on y trouve constaté l'emploi des interflxes in et om.
Littérature et poéjsie. ^ Les Malgaches ont un goût inné pour le chant. Leur langue se prête naturellement à la musique vocale, aux inspirations poétiques, aux effets oratoires; mais à Madagascar les monuments littéraires font défaut, et Ton peut dire qu'en dehors de ses chansons, de ses contes, de ses proverbes et de ses fables, la langue malgache n'a pas de littérature. La poésie s'appelle : paroles chantées (teny fiantsana).
Les vers malgaches, contrairement aux vers malais, javanais, tagalog, etc., ne sont pas soumis à la rime, bien facile pourtant puisque toute syllabe finit par une voyelle. Ils sont chantés avec accompagnement d'instruments de musique, principalement de la valiha. espèce de guitare dont le corps est fait d'un morceau de bambou, et dont les cordes sont des filets pris sur Técorce, soulevés adroitement
et raidis par des chevalets mobiles. Le sujet du chant est indiqué généralement par un des vers qui se répète en chœur. Voici une de leurs chansons :
moY A ! NANKAiZA izY TETO ? (Ah ! OÙ Bst-U allé?)
Je Tai attendu ici,
Mais il n'a pas paru.
Il est parti d'un autre côté,
Ah ! où est-il allé ? (en chœur).
Le chemin qu'il devait suivre, Pourtant, je l'ai bien regardé.
Je n'y puis rien comprendre.
Ah ! où est-il allé ? (en chœur).
J'ai de l'amour pour lui, El beaucoup encore !
Mais son amour à lui, je l'ignore.
Ah ! où est-il allé ? (en chœur).
Longtemps je l'ai attendu.
Depuis longtemps il est parti.
Tâchons de l'oublier !
Ah ! où est-il allé ? (en chœur).
L'amour, quand il est réciproque.
Obtient ce qu'il demande.
Reviens donc vers moi !
Ah ! où est-il allé? (en chœur).
Depuis longtemps il est parti.
Ne reviendra-t-il donc plus ?
11 est parti ! Ne le regrettons pas î Ah ! où est-il allé ? (en chœur).
NT SmiKININ ANDRIANA
Andriamanitra
Tahionao By Mpanjakanay
Dia Ranavalona
Ho ela velona
Hifaly Aminao !
Dieu !
Soyez en aide à notre Reine
Qui est Ranavalona !
Qu'elle vive longtemps !
Qu'elle soit heureuse par ta grâce !
CHANT DU BOROZANO
Veloma re, ry bokinay !
Fotoana <iia tongii, Antsaha no halahanay Hizaha vorrnkazo.
He faly izahay !
Boky hilaozanay !
Sekolinay hirava.
Adieu, chers livres !
L'heure est venue De marcher à travers le pays, D'aller voir les Heurs.
Nous sommes heureux !
Laissons donc là nos livres !
Abandonnons l'école.
A Madagascar les chants d'amour ai>ondcnt. mais les pieux canti- «jues y sont aussi fort en honneur; il se font entendre dans toutes les cérémonies religieuses, (iénéralement ils ont été composés par les
missionnaires catholiques et protestants, et ne sont point des produits de la muse indigène.
Des proverbes. — Dans le langage populaire, rien de plus fréquent que l'emploi de proverbes et de locutions proverbiales. Dans les grands discours prononcés à chaque kabary^ les orateurs en citent souvent- En voici quelques-uns :