‹ Madagascar au début du xxe siècleChapitre 26 sur 67 · CL. DELHORBE · texte numérisé non relu

CL. DELHORBE

souvent ils ont provoqués : nous le ferons aussi légèrement que possible, nous souvenant que, de même que notre honorable prédécesseur à cette tribune, nous avons à envisager non pas l'histoire de Madagascar proprement dite, mais seulement les données et la marche en avant de sa colonisation.

Bien que cinq années, à peine, nous séparent du point où s'est

Fig. 181, — Tananarive,

arrêté M. Froidevaux, notre sujet nous a semblé si touffu, — les faits contemporains ne pouvant s'expliquer et se justifier souvent sans nécessiter d'assez longs développements, — que nous nous sommes vu dans l'obligation de vous demander deux de nos réunions pour les exposer.

Je voudrais consacrer celle de ce soir à l'examen de la période que j'appellerai préparatoire à la colonisation, cette préparation ayant été rendue nécessaire par l'état du pays et par les événements qui s'y sont produits au moment de notre installation, événements que vous avez tous encore présents à la mémoire et dont le plus considérable est

l'insurrection qui éclata dans la Grande He peu après notre arrivée.

Quelle était alors la situation respective des diverses tribus entre elles?

Quelles furent, autant que nous pouvons l'apprécier aujourd'hui, avec le faible recul dont nous disposons, les principales causes de l'insurrection dont je viens de vous parler ?

Comment et par quels moyens cette insurrection fut-elle réprimée ?

Quelles en furent les conséquences ?

Quels enseignements en avons-nous tiré pour l'avenir ?

Puis, entrant plus au coeur de la question, je m'efforcerai de vous montrer dans la seconde partie de cette étude , comment, après tant de sacrifices consommés, tant de difficultés surmontées, nous nous y sommes pris, pour essayer de tirer parti du pays conquis et nous l'assimiler en le colonisant ;

Dans quelle mesure il est permis de compter, pour mener cette oeuvre à bien, sur le concours des indigènes, nos nouveaux sujets ;

Ce qui a été fait pour assurer, autant qu'on l'a pu, ce concours à nos émigrants et le leur rendre de jour en jour plus favorable ;

De quelle manière ont été réglés les rapports qui doivent forcément exister entre les colons et les indigènes ;

Comment on a tenté d'attirer le colon en lui assurant le plus de chances possible de succès.

Nous nous demanderons ensuite si nos compatriotes ont répondu à cet appel qui leur a été adressé et de quelle façon ils y ont répondu ; à quelles entreprises ils se sont livrés ; s'ils ont obtenu des résultats et quels sont ces résultats.

Nous examinerons enfin ce qu'il nous reste à faire pour tirer le parti le plus profitable de tous les efforts, de toutes les bonnes volontés qui se manifestent, et les amener à réaliser le maximum des choses utiles à l'intérêt général d'abord, aux intérêts particuliers ensuite.

Telle est, Mesdames et Messieurs, la tâche, au-dessus de mes forces évidemment, que j'ai assumée, n'ayant pour suppléer à mon insuffisance qu'une confiance absolue dans la cause que je vais vous présenter et mon ardent désir de la servir.

Il ressort de la situation politique de Madagascar, avant sa conquête par nos armes, comme vous Ta présentée M. Froidevaux, et de

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