CL. DELHORBE
rétude des différentes peuplades qui l'habitent, que la tribu Hova, — ainsi appelée du nom d'une de ses castes, — exerçait une autorité nominale sur la plus grande partie de l'île, et effective sur plusieurs points. Une semblable situation avait déterminé le Gouvernement de la République à se servir de l'autorité établie pour implanter notre influence dans
l'intérieur du pays. Aujourd'hui que, par sa politique dite de raceSy le Gouverneur Général a brisé cette autorité pour y substituer ouvertement la nôtre, il est permis d'étudier de plus près et sans risquer de réveiller des divergences d'opinions complètement éteintes, les éléments et les conditions du problème tel qu'il se posait en 1895, au lendemain de la conquête, au moment de l'entrée du général Duchesne à Tananarive.
Les partisans acharnés de Thégémonie Hova attribuaient à cette peuplade une ofganisation administrative, sinon complète, tout au moins douée d'éléments principaux et perfectibles, indispensables pour atteindre le but qu'ils se proposaient. Ses détracteurs, au contraire, prétendaient que lesHovas, en dehors de Tananarive, étaient loin d'être les maîtres et que le gouvernement n'avait ni autorité, ni moyen d'en acquérir. Comme toujours, comme dans la plupart des cas, la vérité était entre ces deux opinions extrêmes.
Nier, en effet, que les Hovas, avec une habileté que nous serions en droit de leur envier dans beaucoup de nos colonies, se contentaient d'occuper les points stratégiques et commerciaux, les centres de ravitaillements, que, par suite, cette petite peuplade, dans un territoire aussi vaste que Madagascar, avait su, sans diminuer ses forces, se mettre aux bons endroits, serait commettre une erreur indiscutable. Tout le monde admet aujourd'hui que partout oii Ton faisait quelque commerce, oii les ressources locales pouvaient donner lieu à des transac^
Fig. 182. — Ranavalo Manjaka III, dernière Teine de Madagascar.
Fig. 183. — Rainilaiarivony, le dernier Preiuicr-MinisLre du Gouvernement Hova,