‹ Madagascar au début du xxe siècleChapitre 34 sur 67 · CL. DELHORBE · texte numérisé non relu

CL. DELHORBE

par mois, 3,600 francs qu'il faut compter. Pour le séjour à Tananarive, il sera possible de vivre modestement à raison de 300 francs par mois, soit un millier de francs, si ce séjour se prolonge pendant trois mois. Nous arrivons ainsi à un déboursé total d'environ 5,000 francs qui serait consacré à l'étude du pays et servirait de première mise sous forme d'expérience pour l'exploitation future.

Il est bien évident que le colon de la première catégorie, qui ne dispose que d'un capital d'une dizaine ou d'une quinzaine de mille

Fig. 200. — Habitation d'un colon.

francs et ne pourra pas faire cette expérience, [se trouvera [dans des conditions déplorables dans le début. Grâce [aux sociétés de colonisation, et en particulier au Comité de Madagascar, il pourra obtenir des renseignements précis sur les différents points, mais ce qu'aucune bonne volonté, aucun livre ne pourront lui donner, c'est l'expérience personnelle.

Restent les Sociétés. Pour que celles-ci puissent réussir, il faut, d'après nous, qu'elles remplissent quelques conditions essentielles que nous allons essayer d'indiquer.

D'abord que , dès le début , la Société possède un capital suffisant pour fonctionner et pour faire face aux imprévus, soit

en bien soit en mal, qui peuvent se produire. H peut se faire, en eflFet, que, d'une part, par des cas de force majeure, phénomènes atmosphériques, mesures économiques ou autres, elle subisse des déceptions ou des dommages, mais il peut arriver aussi, d'autre part, que, sans qu'on y soit préparé , une affaire locale se présente, source de bénéfices qu'il serait préjudiciable de laisser échapper. Il est donc essentiel que la Compagnie dispose, en plus du capital indispensable à son fonctionnement normal, une certaine somme d'aléa libre. Toutefois, il est bien entendu que cette somme devra être réduite au minimum, de manière à ne pas grever le capital de frais généraux trop lourds.

Etant donné ensuite la situation actuelle de Madagascar, les grandes affaires ne peuvent être lancées du premier coup sur un terrain définitif. Les débouchés, aussi bien que les ressources locales, ne le permettraient pas. C'est donc par une série de petites affaires, montées d'une façon restreinte d'abord, mais susceptibles de développement, que ces grosses affaires doivent commencer. Elles croîtront ensuite d'une manière proportionnelle au développement du pays et des débouchés créés.

Conçue sur ces bases, toute Société doit étudier ensuite la double question du matériel et du personnel.

Si elle a ses concessions sur la région

côtière, elle ne devra pas hésiter à faire venir immédiatement le matériel le plus perfectionné, qui doit lui assurer la suppression de la grosse diHiculté de la main-d'œuvre. Prenons un exemple : s'agit-il d'une culture quelconque, si cette culture doit être faite en plaine et sur la côte, c'est avec le labourage à vapeur qu'elle devra opérer. Si, au contraire, son centre d'exploitation se trouve assez éloigné dans

Fig. 201. — Maison d'un colon dans la région intermédiaire.

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