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rintérieur des terres, et il faudra pour le moment l'éviter autant que possible, elle ne devra pas oublier que les difficultés des transports à Madagascar lui interdisent absolument l'emploi de machines impossibles à transporter à dos d'homme. Ce sont, dans ce cas, des outils légers, d'un maniement commode pour l'indigène lui-même, qu'elle devra essayer d'avoir.
Quant au personnel, une Société devra se garder de multiplier le nombre de ses agents, mais rechercher avant tout des hommes énergiques et irréprochables, auxquels elle assurera, avec un traitement
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Fig. 202. — Chez un colon : le troupeau et la basse-cour.
raisonnable et une installation salubre, une participation dans l'affaire. A la tète, il lui faudra un agent au courant du pays, de la langue et des habitudes locales, connu des indigènes et leur inspirant crainte et confiance, qui, se déplaçant facilement, puisse exercer sur tous les points un contrôle en même temps qu'un entraînement et aplanir les diflicultés qui ne manqueront pas de surgir entre les indigènes et les agents subalternes. Enfin, comme petits agents, elle devra avoir des indigènes, Hovas si possible^ qui serviront d'intermédiaires entre les agents subalternes et les tribus locales. Pour assurer la réussite, tout
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le personnel» je le répète, devra être intéressé au succès et à la bonne marche de l'exploitation.
Ainsi montée, la Société ayant confiance dans ses agents, et surtout dans son ou ses directeurs, devra laisser à ceux-ci la plus grande initiative. On a, en général, une tendance trop marquéedans les Sociétés comme dans l'Administration à vouloir diriger de la Métropole les affaires coloniales. De même, en effets qu'il est nécessaire qu'un Gouverneur général, chargé de soutenir les intérêts d'une colonie, puisse prendre, au moment voulu, tout en en référant à son Ministre, toutes mesures que commandent les circonstances, de même il est indispensable que le Directeur d'une Société ait la liberté, tout en référant à son Conseil d'administration, de décider, d'arrêter et de traiter telle affaire plutôt que telle autre^ d'engager ou de retirer telle ou telle fraction du capital, suivant qu'il peut lui paraître opportun.
Telles sont, succintement résumées, les principales conditions actuelles de la (^Ionisation à Madagascar.
Je ne puis cependant passer sous silence une catégorie spéciale de colons que nous avons toujours cru de notre devoir de décourager et de détourner de la Grande-Ile : c'est cette catégorie de nos compatriotes qui, sans capitaux, obtenant parfois, grâce à des protections plutôt coupables, le passage gratuit, partent pour Madagascar, lassés des luttes morales et physiques en France, confiants dans l'inconnu et persuadés qu'ils trouveront là-bas à utiliser leur activité et leur énergie- Ils devraient savoir que la Fortune, pas plus dans les colonies que dans la mère-patrie, ne vient aux travailleurs ni en deux ans, ni en trois ans ; ils devraient être bien convaincus, — on l'a dit bien souvent, mais on ne saurait Ucop le répéter, puisque ce sont des errements sur lesquels on revient chaque jour, — ils devraient être bien convaincus que la Colonie présente sur la Métropole le seul avantage d'avoir moins d'encombrement dans toutes les carrières et dans tous les métiers, mais qu'il faut commencer avec de l'argent et que c'est seulement à force d'économie et d'opiniâtreté au travail qu'ils réussiront. Peut-être en s'assurant avant le départ de France un contrat rémunérateur avec une Société pourraient-ils réaliser annuellement une somme qui leur permît d'acquérir en quatre ou cinq ans le petit capital dont nous parlions tout à l'heure, mais, dans ce cas, les cinq années passées à le constituer s'ajouteront aux cinq années nécessaires à la mise en valeur de l'exploitation, et ce ne sera qu'au bout de dix ans qu'ils
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fiOiirront réellement commencer à recueillir le fruit de leur initiative.
Une seule exception se présente à cette règle absolue, c'est i-r^He des soldats libérés dans le pays même. Ceux-ci, après deux arts, trois ans de séjour, connaissent l'indigène, parlent parfois la langue. Ils ont pu faire sur place toute cette étude, acquérir toute cotte expérience que nous avons signalées comme si nécessaires : s'ils ont par devers eux un petit capital, ils rentrent dans la première rntégorie indiquée ou s'emploient parfois chez un autre colon et arrivent à mettre en valeur le lopin de terre qu'ils ont obtenu. Toujours soucieux d'encourager les bonnes volontés, le Gouverneur général en a soutenu plusieurs : quelques-uns sont en voie de réussite. Il serait à souhaiter que la création d'une caisse locale permît de faire à ces petits colons, connus et faciles à surveiller, des avances propres à les aider à gagner du temps et à hâter la mise en valeur de leur exploitai tion. Mais il faut bien remarquer qu'ils sont placés dans des conditions particulières et qu'une situation qui, pour eux, peut présenter un avenir honorable, étant donné leur connaissance du pays, serait périlhMise pour un nouveau venu mal renseigné.
C'est dans cet ordre d'idées qu'afin de compléter les mesures prises à Madagascar pour faciliter l'installation des colons, le Gouverneur f^^t'néral a songé à créer à Paris un Office de renseignements, tenu constamment à jour des progrès et des conditions de la colonisation. 1.C Comité de Madagascar^ par sa composition, par son passé, par son jirogramme, était tout désigné pour une pareille tâche, qu'il a eu, en f ITet, le grand honneur de se voir confier. Il est maintenant qualifié (ïour transmettre aux intéressés les renseignements officiels, éclairer les partants sur le succès et les conditions de succès de leur projet, documenter les arrivants sur les modifications qui surviennent dans la colonie, les tenir au courant de son fonctionnement constant. Tous ceux i|ue Madagascar intéresse à un titre quelconque peuvent s'adresser au Comité, ils y sont assurés d'un bon accueil. La Revue de Madagascar^ que le Comité publie, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, offre au locteur les documents de tout genre et de toute nature sur la colonisation de l'île.
Comme vous le voyez. Mesdames et Messsieurs, en France comme à Madagascar, tout ce qu'il a été possible de faire a été fait pour faciliter le départ, l'arrivée et l'installation des nouveaux colons.
Ceux-ci sont-ils venus ?...
Oui» dans une certaine mesure, tant par Tinitiative particuH^re ou plutôt isolée, que par celle des Sociétés qui se sont constituées. Il existe à Madagascar actuellement plusieurs entreprises qui fojietionnent : il y en a beaucoup qui sont en instance au Ministère pour obtenir des concessions. Je ne puis avoir la prétention d'examiner en détail cliaouue d'elles. Il faudait, du reste, en étudiant leur fonctionnement, l'aire tles critiques ou donner des louanges qui ne peuvent trouver place ici : c'est un terrain sur lequel je ne saurais me hasarder. Le seul inUV^t que peut présenter pour nous Ténumération des affaires Dxîstaiiles est de déterminer par cette énumération même les affaires possibles à Ma-
Fig. 203. — Vue des Hauts-Plateaux.
dagascar. Groupons donc ces affaires dans plusieurs caléf^ories, suivant le but qu'elles se proposent.
Au point de vue minier^ des exploitations aurifères sont en cours, tant à Suberbieville que dans le Betsiléo, au Nord de Tananarive, et surtout, en ce moment, dans la région qui s'étend entre Ariilîositra et la mer. Des Sociétés et des particuliers sont à la tète de ces oxploi Latioiis, Les procédés employés jus^iu'à ce jour ont été les procédés indiiiç^nes eux-mêmes, bien que quelques perfectionnements par rinstallalion des «slussi>y aient été apportés. Je ne crois pas que, jusqu'à présent, toutes ces affaires aient été réellement et sincèrement très brillantt^, si Ton en excepte les trouvailles, — c'est le motqui convient à ces découvertes, — comme celles d'Ampoasary où depuis six mois plusieurs de nos compatriotes ont pu réaliser d'assez grosses sommes par l'exploitation