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MALADIES TRANSMISES PAR D'AUTRES INSECTES

Si les Moustiques jouent un rôle capital dans la dissémination t\vcertaines maladies parasitaires, il est certain qu'ils ne sont point los seuls animaux que nous ayons à redouter à ce point de vue. La Piico vulgaire nous en fournit un autre exemple non moins important que ceux qui précèdent. Cet Insecte est excessivement répandu dans Vile ; il y porte le nom de Parasy et certaines localités qui en sont particulièrement infestées ont le nom significatif de Beparo^ (beaucoup de Puces). Malgré sa fréquence extrême, il ne mériterait guère une niiBntion spéciale, si l'on n'avait reconnu dans ces dernières années i^ui? c'est lui qui, par sa piqûre, nous donne la peste.

Peste. — Cette redoutable maladie épidémique, qui a littéralement ravagé l'ancien monde pendant des siècles, en causant une effrovabic mortalité, semblait être à jamais conjurée, quand elle a fait de nouvmit son apparition aux Indes et même en Europe : on n'a pas oublié, en

effet, la meurtrière épidémie de Bombay et celle d'Oporto, heureusement plus bénigne. En même temps, la maladie atteignait Madagascar, toutefois sans s'y montrer trop sévère.

Elle fit une première fois son apparition à Tamatave, le 23 novembre 1898 : les mesures les plus énergiques furent prises aussitôt et Tépidémie put être rapidement circonscrite. Néanmoins, elle se montra de nouveau dans cette même ville en 1899 : elle dura ISO jours ; 52 personnes furent atteintes et 42 moururent. Elle éclatait aussi à Antsirane, mais sans y acquérir un développement appréciable.

Nous devons donc ranger la peste au nombre des maladies qui peuvent sévir dans notre nouvelle colonie. Sa nature, longtemps mystérieuse, nous est maintenant bien connue : le D^ Yersin, médecin de la marine française, a découvert, en 1894, qu'elle est due à un petit microbe, le Bacillm pestis^ qui vit dans le sang et surtout dans le foie et la rate des pestiférés. Le principal symptôme de la maladie est un bubon volumineux qui résulte de la tuméfaction des ganglions lymphatiques et siège le plus habituellement à Taine. La maladie est éminemment contagieuse et mortelle dans le plus grand nombre des cas. Elle peut être inoculée expérimentalement à plusieurs animaux, tels que le Cobaye, la Souris et le Rat ; dans les conditions ordinaires, ce dernier animal est l'agent de la transmission.

En crevant, les bubons rejettent une matière purulente dans laquelle les microbes sont en extrême abondance ; ils souillent donc le linge, les vêtements et différents autres objets. D'autre part, quand on enterre le cadavre d'Hommes ou d^animaux morts de la peste, ces mêmes microbes sont mis en liberté dans le sol. Dans l'une ou l'autre de ces conditions, ils ne meurent pas, mais perdent simplement de leur virulence, tout en restant capables de contaminer un être doué d'une réceptivité suffisante. Cet être est ordinairement le Rat. En rongeant les substances souillées de microbes, cet animal s'inocule à luimême la maladie, puis la propage dans sa propre espèce ; le Bacille, en passant par le Rat, récupère sa virulence primitive, et redevient apte à contaminer l'Homme. C'est ainsi que les épidémies de peste débutent généralement par une excessive mortalité des Rats.

L'Homme s'infeste au contact des Rats morts de la peste ou à celui de substances qu'ils ont souillés ; il peut aussi se contaminer directement au moyen d'objets chargés de microbes humains encore frais et, par conséquent, encore assez virulents. Mais, dans bien des circonstan-

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ces, l'inoculation se fait en dehors de ces contacts, par l'intermédiaire des Puces. Celles-ci, en effet, inoculent dans la peau les microbes dont elles se sont chargées en piquant au préalable des Rats ou des individus malades, ou en cheminant au milieu d'objets déjà souillés.

C'est ainsi qu'on peut eiLpliquer les deux épidémies dont notis venons de parler : la première était notoirement d'origine asiatique et résultait, pense-t-on, de l'introduction à Tamatave de ballots de riz provenant des Indes. Les coolies chinois et indous, qui viennent tri'quemment aux Mascareignes et ont tendance à débarquer aussi à Madagascar, doivent donc être soumis, eux et leurs bagages, à la plus étroite surveillance et à de rigoureuses désinfections. De même, les Rats et les Souris, qui pullulent dans la cale des navires, doivent être Tobjet d'une chasse incessante : on les détruira soit par l'acide cai Im> nique, soit par des vapeurs nitreuses, soit par tout autre procédé. CeuK de ces Rongeurs qui se trouvent à terre devront être pourchassés non moins rigoureusement. Enfin, la bonne tenue des habitations er Ips soins de propreté corporelle seront la meilleure garantie contre Ip retour et l'extension du fléau.

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