MALADIES DIVERSES
AGTectiûtts des voies respiratoires. — Elles ne sont ni plus ni moins fr(?<|uentt*s fjuVn Europe : la bronchite, la pneumonie s'observent avec
leurs symptômes habituels, aussi bien chez les Européens que chez les indigènes. La tuberculose est assez rare chez ces derniers; elle évolue avec une effrayante rapidité chez les blancs qui sont venus d'Europe déjà contaminés : on doit s'opposer absolument au départ de gens atteints de tuberculose. C'est une erreur funeste de croire qu'un pays tel que Madagascar constitue un sanatorium où le phtisique puisse recouvrer la santé.
Affections du foie. — Elles sont plutôt rares. On ne voit guère les grands abcès hépatiques consécutifs à dysenterie; les hépatites sont ordinairement liées au paludisme. En 1897, on a noté 57 cas de congestion du foie sur un total de 7.680 malades : 51 ont guéri et ont pu rester dans l'ile; les 6 autres ont été rapatriés. Ce chiffre comprend seulement 7 abcès du foie, et encore 4 des malades venaient-ils d'autres colonies où ils avaient été atteints de dysen-
iUicht du D' FonToytionl.) tCrie.
Maladies infectieuses. — La scarlatine, la diphtr'^rir, lijîfliienîîîij les oreillons sont rares. La rougeole l'est beaucoup itmiiis. l.t' rlHiiihitisme articulaire aigu se voit rarement sur la vitU\ juais (Irvii'iit ]à\\> fréquent sur le plateau central. Les maladies vùncriLMiucs suïiL tiv?^ répandues : elles constituent un danger per-
manent dont il nous suffira de signaler toute la gravité. Des hôpitaux spéciaux ont été construits récemment pour le traitement des indi gènes qui en sont atteints, particulièrement à Itaosy, près Tananarive. Vulcère malgache (fig. 245 et 246) se développe facilement chez les personnes qui négligent trop les soins de propreté. On ignore encore sa cause, mais nul doute qu'il ne soit causé par un microbe venu de lexlérieur, comme c'est le cas pour des affections similaires qui
(Cliché da D' Fontoynont.)
Fig. 246. — Ulcère malgache évoluant sur un terrain syphilitique (Imerina).
s'observent en Cochinchine et dans beaucoup d'autres pays. Il sièg(^ d'ordinaire au pied, entre la cheville et le talon; il débute par uno simple ampoule qui crève bientôt; puis la petite plaie s'élargit progressivement et résiste assez longtemps à toute médication. LaguérisoR ne s'obtient qu'à la condition de garder le repos le plus absolu et de panser la plaie avec des antiseptiques.
La variole {i) existe partout, principalement en Imerina. L'Européen devra se faire revacciner avant de se rendre à Madagascar ; il n'aura alors rien à craindre de cette redoutable maladie, qui ravage* la population indigène. Jusqu'à ces temps derniers, elle avait une recrudescence marquée vers les mois de juin à août, ce qui tenait à cer-
(i) Hkrvieux, La variole h Madagascar. Bull, de VAcad. de méd. (3), xliji, p. 520, 1900.
taines coutumes religieuses des Hovas. Ceux-ci, en effet, avaient l'habitude, pendant les fêtes de Mamadika, d'ouvrir les tombeaux de leurs ancêtres et de changer les lambas enveloppant les cadavres. Un tel usage a maintes fois engendré de graves épidémies. En 1897, la variole s'est déclarée dans la région d'Antsirabé , environ huit jours après Texhumation du cadavre d'un varioleux. L'autorité a interdit ces pratiques ; il est donc certain que les épidémies seront désormais moins fréquentes. D ailleurs cet heureux résultat est déjà manifeste, depuis que fonctionne Tlnstitut Pasteur de Tananarive, dont il sera parlé plus loin. La rage est très répandue à Madagascar ; elle y est propagée par les Chiens errants, qui rôdent en bandes dans la brousse et constituent un danger permanent, tant pour les animaux domestiques que pour les voyageurs ou les habitants des campagnes. Ces Chiens attaquent les troupeaux de Bœufs, dévorent les jeunes Veaux, pénètrent nuitamment dans les villages et dévastent les bei^eries ou les poulaillers. Les bourjanes isolés sont fréquemment assaillis par eux et l'on a vu plus d'une fois des individus en état d'ivresse, dormant le long des routes, être dévorés. La rage, dans ces conditions, ne pouvait manquer de se répandre dans toute l'ile. On doit encore à l'Institut Pasteur de Tananarive d'avoir entrepris une lutte efficace contre ce terrible fléau.