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Village et plame de Mouramanga (route de Tamatave à Tananarive).
Lu CHAPITRE IV. 223
aiment la vie de famille et le travail des champs; ils sont sobres et loyaux en affaires.
Tributaires des Hovas, qui les ont conquis, au commencement de ce siècle, les Betsiléos, chose rare chez les Malgaches, ont continué à se tatouer. C’est à eux que l’on attribue la légende des Ximos ou Guimos, les prétendus nains de Commerson. — Mais, comme le lecteur le verra dans la suite de cet ouvrage, jamais peuple nain n’habita Madagascar. Aussi, doit-on considérer cette légende comme une fable.
La province des Betsiléos produit le plus de soie et de coton, et contient le plus de minerai de fer. Elle a pour ville principale Fianarantsoa, à huit jours de marche de Tananarive. :
Provinces d'Ibara et de Tsieninbalata. — Ces deux provinces ont pour frontière les montagnes des Betsiléos au nord, et la province de Féérègne à l’ouest. Dans presque toute leur étendue, on remarque de nombreuses traces volcaniques.
La première est habitée par les Vounines ; la deuxième par les Machikores (Marikouras — gens de l’intérieur). Ces deux peuplades se sont fondues ensemble sous le nom général de Bares. La plupart de ces indigènes se sont retirés sur les hautes montagnes que l’on aperçoit de Matatane.
Jamais les Hovas n'ont pu les soumettre. Bien qu'ils aient établi des postes militaires sur les parties de leur territoire inoccupées par eux, ils les redoutent comme leurs adversaires les plus sérieux. Et leur crainte est justifiée. Les Bares constituent certainement la peuplade la plus guerrière de Madagascar. Jamais ils ne se séparent de leurs armes: la nuit, en dormant, ils les conservent toujours à leur portée, afin de ne pas être surpris à l'improviste, pendant leur sommeil. Ces armes
consistent en fusils arabes, mais plus communément en sagaies. [ls les manient avec une dextérité incomparable et un courage à toute épreuve. De facon à être prêts à s’en servir à la moindre alerte, ils portent toujours à leur ceinture une corne à poudre et un sac à
balles. |
Province d'Androy. — En dessous de la province des Bares, entre la province de Mahañfaly à l’est et celle d'Anossy à l’ouest, est située la province d’Androy, ou pays des Antondrois, peuple des Buissons. Elle embrasse toute l'extrémité méridionale de l'ile, dont le cap Sainte-Marie forme la pointe avancée. Cette province comprend deux districts principaux : celui d'Ampâte à l’est, et celui de Caramboules au sud-ouest. Elle est habitée par les Antondras.
C'est un pays plat et boisé, possédant, aux abords de ses forêts, de gras pâturages, où paissent de nombreux troupeaux de moutons et de bœufs ; ces bœufs sont plus petits que dans toutes les autres régions de Madagascar. On y voit peu de villages ; il est même certains endroits qui sont complètement déserts.
La province d'Androy fournit beaucoup de soie, de coton, de cire, d'écorces précieuses. On y récolte aussi une espèce de pomme très agréable au goût. Malheureusement, n'étant traversée par aucune route praticable, elle est peu fréquentée.
L'eau douce y est rare. Souvent, pour étancher leur soif, les Antondras sont obligés d’avoir recours aux figues de nopal, ou à certaines racines aqueuses, dont la chair ressemble assez à celle du melon d'eau.
Cette pénurie d'eau les contraint aussi à mettre les bœufs à la ration ; car c’est à peines'il ya danscetterégion quelques mares potables et, souvent même, il leur faut aller quérir de l’eau à plus d’une journée de marche.
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On évalue à une vingtaine de mille le nombre des Antondras. Ils sont à l’état sauvage. Leur manière de vivre tient plutôt de la bête que de l’homme. Ils forment une espèce de république, dont les chefs sont en guerre continuelle les uns contre les autres.
Zone orientale. — Province de Vohimarina. — Si, partant du cap d’Ambre, au nord, nous descendons la côte est, la première province que nous rencontrons est celle de Vohimarina. Comme la province de Maroa, sa voisine, elle est peuplée par les Antakares. Ces indigènes tiennent beaucoup des Cafres. D'un tempéra- : ment endormi, ils sont plus calmes, moins intelligents et moins industrieux que les autres Malgaches. Ce sont les lazzaroni de Madagascar.
Plus vulgairement connue sous le nom d’'Ankara, elle occupe la bande de terrain comprise entre le cap d'Ambre et la rivière Lambirano. Elle appartient à la France depuis 1840. | |
Cette province ne renferme que quelques misérables villages, de vingt à trente cases, tout au plus. Elleestriche en terres végétales et n’est pas, comme les autres contrées du littoral, infectée par les marécages. Avant que les Hovas ne se fussent attribué le monopole de tout le commerce avec les étrangers, les indigènes de l’Ankara se livraient sur une grande échelle à l'exportation du bétail, qui ÿ pullule. Aujourd'hui, les tempssont changés. L'agriculture y est délaissée ; c’est à peine si l'on y cultive le riz et la canne à sucre. Son terrain, cependant, est excellent pour la culture ; il ne demande qu'à être fécondé. Ruinés dans leur commerce, les Antakares n’ont plus de cœur au travail. Ils sont devenus d'autant plus paresseux qu'ils sentent bien que leurs efforts ne serviraient qu'à enrichir l’envahisseur.
Dans cette oasis, coin privilégié de la nature, où le