CHAPITRE IV
climat est très sain, se trouve la magnifique baie de Diégo-Suarez, point principal de la province.
Les efforts du gouvernement français doivent certainement porter sur cette partie de Madagascar. Dans aucune autre région de la côte, il ne trouverait réunis une plus merveilleuse station militaire que Diégo-Suarez, et à proximité, un meilleur entrepôt commercial que la rade foraine de Vohémar. Joignez à ces conditions déjà exceptionnelles, que l'immense étendue de terres cultivables qui entoure d'une zone essentiellement salubre ces deux points du littoral, que la grande quantité de bétail, de cuir, de cristal de roche que produit la contrée, que le voisinage de Nossi-Bé, que nos droits acquis et incontestables, que tout enfin concourt à souhait pour nous permettre d'établir, en cet endroit, un centre de colonisation promptement appelé à devenir des plus propices.
Province d'Ivongo. — La province d'Ivongo s'étend depuis la rivière Tongoubali jusqu'au 17° parallèle environ.
C'est sur ses côtes que se trouvent l’île Marosse et les deux établissements français de Tintingue et de Sainte-Marie. |
Provinces de Maharelona et de Tamatave.— Ces deux provinces sont limitées au nord par la précédente etau sud par l’Irongo. Réunies en une seule, leur ensemble constitue le pays des Betsimsaracs (de bé : beaucoup, tsi: négation, et missarak : séparé). On comprendra facilement l’origine de cette dénomination, quand on saura qu’en effet ce pays est composé d’une foule de petites peuplades éparses, formant entre elles une association politique, une sorte de république fédérale, dont l’organisation remonte à la fin du dix-septième siècle.
Elles possèdent les trois ports de Fénérive, de Foule-
pointe et de Tamatave, dont 1l aété si souvent question dans le cours de ces dernières années.
Nous avons déjà eu l'ocasion de décrire l'aspect général de Fénérive, nous n'y reviendrons pas.
Quant à Foulepointe et à Tamatave, nous ne croyons pas devoir nous en occuper à cette place; leur importance exige que nous en parlions dans le chapitre suivant, consacré aux villes principales.
Province de Bétanimena. — La province de Bétanimena (bé : beaucoup, {any : terre, mena : rouge) est. ainsi nommée à cause de l'aspect rougeâtre de ses terres ferrugineuses. Située au-dessous des deux provinces précédentes, sa limite australe est par 19° 40’ de latitude sud; elle forme avec les précédentes la province la plus fréquentée par les Européens, par la raison qu'elle est, en partie, traversée par la route de Tamatave à Tananarive.
Sur cette route et sur la rive gauche de l’Iorouka, est bâti Andévourante, village considérable de quinze cents à deux mille habitants. Il y règne une gaieté et une activité incessantes, et s’y fait, avec les îles de la Réunion et de Maurice un grand commerce de r1z. Les hommes y sont plus propres que dans les autres provinces ; les femmes, mieux vêtues, plus coquettes, plus attrayantes. Bref, par comparaison, c’est un endroit charmant et qui mérite, relativement, la qualification flatteuse de Capoue malgache, que lui ont donnée certains auteurs.
On y remarque un modeste mausolée, élevé par M. de Lastelle à la mémoire de M. de Solages, premier martyr chrétien, à Madagascar, mort le 8 décembre 1932,
Au sud d’Andévourante, relevons encore, en fait de localité qui vaille la peine d’être citée, Votou-Mandry
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