CHAPITRE IV
chefs n’en font pas bon usage, ils n’ont plus de raison
d'être aux yeux de leurs administrés et, conséquemment, méritent la déchéance.
Leur capitale Matatane, où réside le grand chef. est
pe
Deere
Betsimsarak, marchand de rhum.
située dans une pelite île, à une heure et demie de l'embouchure de la rivière du même nom. Jadis, nous y possédions un établissement.
Les deux villages les plus importants sont : VNamour,
étagé sur les flancs d'une montagne de terre rouge, au pied de laquelle coule une rivière, et, à une journée de marche plus loin, Faraon, dans une petite ile, à l’embouchure de la rivière du même nom.
Province de Vandaidrano. — Le Manghari sépare de la précédente la province de Vandaidrono, ou pays des Antavoyes.
Nous n’y remarquons guère, en fait de localités importantes, que Sandrorivany et Manamboudre.
Les habitants de cette contrée sont courageux et jaloux de leur indépendance. Il est permis de supposer, d’après la couleur foncée de leur peau, d'après leurs lèvres épaisses, leur nez épaté, leurs cheveux crépus, qu'ils descendent des Cafres.
Province d’'Anossy. — Cette province, la dernière de la côte orientale, comprend, dans sa partie sud-est, Fort-Dauphin, et dans sa partie occidentale la vallée d’Amboule, si riche en clous de girofle et autres épices, er en citrons.
Ses habitants, les Antanoses, ont des traits réguliers, une chevelure fine et bouclée. Leur caractère est doux et affable. Bien qu'ils n'aiment pas beaucoup les blancs, ils les accueillent cependant, quand ils se présentent, avec une cordialité qui rappelle l’hospitalité antique. Ils sont très intelligents. On trouve chez eux, notamment, des charpentiers et des forserons aussi habiles que nos meilleurs ouvriers.
Nous venons de passer en revue les vingt-deux provinces reconnues à Madagascar. Mais, en désignant les principales peuplades qui les habitent, nous avons omis, à dessein, certaines petites tribus qui se trouvent confondues avec les principales et portent, chacune, le nom des villages qu'elles habitent. L’énuméralion détaillée de ces tribus secondaires nous aurait
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entraînés trop loin et aurait inutilement fatigué le lecteur.
Nous avons vu, dans le courant de ce rapide apercu, que la grande île malgache est généralement peu habitée et qu'il faut quelquefois parcourir un désert avant de rencontrer un village. |
Seuls, l’'Émyrne, l’Antscianac et quelques points du territoire des Betsiléos sont assez peuplés.
En résumé, Madagascar ne compte que cinq villes véritablement importantes: Z'ananarive; Tamatave ; Fianarantsoa ; Majunga et Foulepointe. :
Chaque ville et chaque village, comme au temps de la féodalité, en France et en Allemagne, sont soigneusement fortifiés, surtout dans l'Ankaratra et dans J'Émyrne. Des fossés, larges parfois de 12 à 14 mètres, hérissés dé plantes épineuses, les enceignent de toutes parts. Une petite porte, fermée pendant la nuit, donne accès, pendant le jour, à une espèce de pont-levis. En dessous de chaque village, sont creusés des souterrains, ou cachettes, destinés à offrir aux habitants un dernier refuge, en cas de surprise. Depuis que les villages de l'Émyrne ne dépendent plus de chefs différents et sont soumis à la domination des Hovas, on ne les fortifie plus, on ne répare plus leurs fossés et leurs portes détériorées. Quoi qu'il en soit, le voyageur peut encore voir actuellement, aux environs de Tananarive, des villages entourés de deux ou trois enceintes de fossés profonds, avec d’étroites poternes, formées de deux. énormes pierres, hautes de 2 mètres, solidement enfoncées dans le sol, sous lesquelles il faut passer, pour arriver jusqu'aux cases des habitants. Autrefois, entre ces deux pierres, on en faisait rouler une troisième, plate et ronde, qui obstruait l'entrée de la ville. Souvent, les habitants adressaient à ces