CHAPITRE IV
d’arcades, ont été considérablement agrandies ; elles s’avancent en saillie, formant trois étages superposés. Des tourelles, assez élégantes, flanquent les quatre angles du bâtiment et dépassent la hauteur des galeries ; elles encadrent l'immense toiture en bardeaux qui l’écrase. Dans cette toiture, aux rebords cintrés, sont percés, sur chacune des faces, trois lucarnes, l’une au-dessus de l’autre, surmontées de l'aigle à la couronne aux sept plumes, emblème héraldique des souverains hovas. Les boiseries des appartements intérieurs sont d'un précieux travail artistique et ne dépareraient certes pas nos anciennes demeures seigneuriales.
Le palais de la reine proprement dit, le Manjaka- Miadana, comprend encore dans son enceinte diverses autres constructions, entre autres : la maison d'argent, le Tranovola, qui doit son nom aux clous argentés de sa toiture, et aux ornements en argent qui garnissent les encadrements de ses fenêtres et de ses portes, lequel avait été construit pour l’infortuné Radama II: les tombeaux de Radama et de Rasohérina, qu'il est de rigueur de visiter après avoir salué la souveraine ; et le temple royal.
À 200 mètres environ du palais de la reine, un peu en contre-bas, s'élève le palais du premier ministre. Celui-là, très curieux, dans son genre, est d’un style différent ; sa facade s'étend sur une longueur de 40 mètres ; ilest couronné par une énorme coupole en verre, supportée par quatre tourelles carrées.
On remarque encore quatre églises catholiques, entre autres celle de l’Immaculée Conception, plusieurs temples protestants, et le palais de la résidence française, sans compter les somptueuses Cons des princes et des grands dignitaires.
À quelque distance de la ville, au sommet d’une col-
line, se trouve le palais de Soumiérane, où M. Lambert s'était proposé d'installer le siège de sa grande Compagnie. Gelui-là réserve au visiteur l’agréable surprise d’une triple rangée d'arbres, plantée de chaque côté de l'avenue qui le précède. Ses quatre pavillons d’angle et ses balcons, qui mesurent 300 mètres de développement, font de cette demeure, œuvre du Francais Legros, un séjour charmant, dont Radama IT comptait faire sa résidence royale. Sa veuve laissa ce palais inachevé. Bien qu'il ait été abandonné depuis 1868, il pourrait être terminé et réparé à peu de frais. Actuellement (1888), la reine se fait bâtir une maison de campagne, à quelque distance de la ville, au milieu d’un terrain qui sera transformé en parc. C’est l’ingénieur francais Rigault qui a été chargé de ce travail.
Nous avons vu que le palais de la reine était bàti sur un rocher monumental. De même que la Rome antique, Tananarive a sa roche tarpéienne, rocher qui se dresse à plus de 450 mètres, et présente à son sommet un énorme renflement, surplombant à pic un précipice. Les condamnés, convaincus de sorcellerie, étaient, jadis, précipités du haut de cette roche dans l’abime, où les attendaient, pour leur donner le coup de grâce, des soldats armés de sagaies. Car quelque invraisemblable que cela puisse paraitre, on a vu de ces malheureux arriver en bas sains et saufs, ne avoir exécuté cet effrayant saut périlleux.
Au pied de cette roche, en decà du précipice, s'étend la place de Mahomasina, le champ de Mars, où s'exécutent les manœuvres de l’armée hova. Elle ne mesure pas moins d’un kilomètre de côté.
La place d'Andohalo, où se tiennent les assemblées (kabars) du peuple hova et les foires, occupe à peu près le centre de la ville. Les foires, appelées marchés du
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