‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 11 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Bourbon et de France ne fussent tombées aux mains des Anglais (1811).

Jusqu'en 1814, époque à laquelle le traité de Paris nous dépouilla officiellement de l’île de France et de ses dépendances, les Anglais nous remplacèrent à Madagascar. Mais, durant cette période, au lieu de s attacher les indigènes, ils ne surent que lesindisposer par des vexalions de toutes sortes et, conséquence de leur intempérance bien connue, ne (een d'être décimés par la fièvre.

‘Ce même traité ayant rendu à la France son droit nOminal sur l'île de Madagascar ,une commission française reprit possession de Sainte-Marie, le 15 octobre 1818, et, quelques jours après, de Tamatave, en présence d'une assemblée générale des chefs, qui s’empressèrent de reconnaître la validité de cet acte. Fort-Dauphin et Sainte-Luce rentrèrent sous notre domination et l’on établit, sur la côte, quelques postes militaires.

RapamaA I", 1808-1898. — Avant d'évacuer nos pos-. sessions, les Anglais avaient eu soin de les céder, par traité secret, à un roitelet de l'intérieur, nommé Radama, chefde l'Imérina, territoire peuplé de Hovas. Cette tribu, jusqu'alors à peu près inconnue, traitée en paria par les Sakalaves et les Alamassés, s'était retirée dans l’intérieur des terres, sur le haut des montagnes. C'est seulement sous le règne de Dianampouine, père de Radama, que cette peuplade secoua le joug de ceux qui l'avaient refoulée dans le cœur du pays el commenca à déborder dans toute noue de la grande île.

Dianampouine, homme d'un esprit aventureux et d'une intelligence supérieure, s'était allié avec les Anglais, comprenant bien que leur appui pouvait lui donner la suprématie sur les autres chefs malgaches.

Fort de leur protection et en échange de leur concours, il soumit à leur influence une partie du nord-ouest de Madagascar. Il mourut, en 1808, à l’âge de soixantecinq ans, laissant à son fils Radama un empire déjà puissant et, surtout, plein d'avenir.

Ce nouveau monarque, alors âgé de dix-huit ans, n'était monté sur le trône d’Imerina qu'à la condition d'abolir dans ses États la traite des esclaves et de protéger les missionnaires anglais.

Doué d'une intelligence non moins remarquable que celle de son père, il était brave, ambitieux, et recherchait, en vue de s'instruire, la fréquentation des Européens. Son nom, Radama (fourbe et poli) lui provenait de ce qu'il savait dissimuler une profonde hypocrisie sous les dehors les plus affables.

Après s'être renseigné sur le caractère de ce prince, prévoyant le parti qu'il pourrait tirer de son ambition, sir Robert Farquhar, gouverneur de l’île Maurice, lui dépêcha, en 1816, un ambassadeur, pour lui déclarer qu'il considérait Madagascar comme un pays indépendant, avec lequel son gouvernement désirait contracter une alliance que le roi des Hovas était seul capable de conclure. Il n'y eut pas de bassesses, pas de mensonges que n’employàt l'agent britannique pourflatter la secrète ambition de Radama. Il alla jusqu'à lui insinuer que son peuple devait vivre dans une indépendance telle, qu'aucune autre puissance ne püt prétendre à la conquête de son pays. Il lui proposa, de la part de Farquhar, le concours des Anglais pour chasser les Français, ces oppresseurs, qui ne visaient qu'à anéantir ses sujets, s’engageant à lui fournir des armes, des munitions, des instructeurs, enfin tous les moyens propres à arriver à ses fins.

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