CHAPITRE IV
Foulepointe. — La ville de Foulepointe, ou plutôt le srand village de Foulepointe, bâti sur un terrain plat, près d’une vaste plaine d'unaspectenchanteur, traversé par plusieurs ruisseaux aux rives boisées, qui y entretiennent une fraicheur permanente, s'élève à quelque distance de la mer, dont il est séparé par une belle plage sablonneuse. On y remarque un ancien fortfrancais. Radama, sur les conseils des Anglais, songea à faire de Foulepointe le principal port de son royaume; il avait "envoyé, en 1803, deux mille de ses sujets pour jeter les premières fondations d’un port militaire et commercial.
Actuellement, Foulepointe peut compter 4,000 habitants ; ses maisons, grandes et propres, sont cachées sous l’épais feuillage des manguiers, ses rues sont larges et surtout bien alignées.
Ambohimanga. — À ces cinq villes principales il convient d'ajouter la fameuse cité d'Ambohimanga, qui renferme la sépulture des anciens monarques hovas. Ambohimanga est réputée ville sainte, et, à ce titre, son entrée est interdite aux étrangers. C’est là que le souverain a coutume de se rendre solennellement, lors de son avènement, pour remercier ses ancêtres de l'avoir admis à l'honneur de leur succéder sur le trône. Le nouveau monarque ne manque pas de leur faire l'hommage du hasina avec une piastre, comme tribut offert à des supérieurs dont il dépend, et de les invoquer pour qu'ils fassent rejaillir sur lui une parcelle de leur esprit royal, afin de lui permettre de gouverner sagement le royaume qu'ils lui ont légué.
Avant d'aller accomplir ce devoir à Ambohimanga, il s’en sera d'abord acquitté à Tananarive, dans la cour intérieure de son palais, auprès des tombeaux de Radama I° et de Rasohérina.