CHAPITRE V
commencé à simmiscer à cet amalgame de races diverses.
C'est d’après ces vagues données que semblerait s'être constituée la population entière de l'ile.
Malgré la fusion de ces différentes races, certaines se“distinguent encore, isolément, par la caractéristique de leur type, qu’elles ont conservée. Ainsi, il est aisé de reconnaître, dans l’intérieur de l'ile, où il prédomine, principalement chez les nobles Hovas, le type malais, aux cheveux plais, au teint jaunâtre, aux pommettes saillantes, de même que, chez beaucoup d’habitants de la côte ouest, appelés Sakalaves, on remarque le type africain, aux cheveux crépus, au teint noir, aux lèvres charnues, au nez écrasé. ;
Les habitants du nord de l'ile et de quelques régions de la côte sud-est, particulièrement aux environs de Fort-Dauphin, portent dans leurs mœurs certains indices indélébiles, qui feraient plutôt remonter leur origine à la période persane ou arabe.
C'est sur la côte est que le mélange avec le sang européen parait être le plus prononcé.
Les Malais entretenaient déjà, antérieurement à l'ère chrétienne, des relations commerciales avec Ceylan. Par quel concours de circonstances sont-ils allés, les uns s’établir à Madagascar, les autres s’éparpiller dans l’archipel de la Polynésie ? Est-ce à l'invasion tartare ou au
Quoi qu'ilen soit, on peut affirmer que la race polynésienne et la race malgache sont deux rameaux détachés de la même souche, car, personnellement, nous avonspu constater que les Tahitiens ont le même teint, les mêmes mœurs et le même caractère que les Hovas, et qu'ayant, deplus, des mots dérivant de la même étymologie, ils doivent, conséquemment, être issus d’une source commune.
Cela nous entrainerait trop loin d'étudier, à fond et séparément, chacune des trois races principales qui se sont implantées tour à tour à Madagascar et dont le croisement a engendré la race nationale malgache ; nous nous bornerons 1ci, toujours en nous inspirant des . traditions locales, à ne nous occuper spécialement que de la peuplade la plus en vue et la plus puissante: celle des Hovas, qui, par voie d’ambassadeurs, a revendiqué hautement la pleine possession de l'ile tout entière.
Ces Hovas, grâce à leur esprit conquérant, et, plus encore, à leur politique d'extermination, sont parvenus à imposer leur suprématie à toutes les autres tribus. Cependant, à en croire la légende sakalave, ils ne seraient pas les premiers occupants de l’île; ils y seraient arrivés bien avant les Amboas Lambos (porcschiens) — nom injurieux sous lequel les Sakalaves désignent les prédécesseurs des Hovas — originaires comme eux d'outre-mer. Les navires qui les portaient auraient fait naufrage et se seraient brisés sur la côte ouest.
Ils ne tardèrent pas à éveiller la jalousiedes Amboas- Lambos, quileur livrèrent des combats meurtriers, dans lesquels ils eurent d’abord le dessous; puis, secourus par de nouveaux débarqués, qui seraient les ancêtres présumés de leur roi-dieu, Radama 1°, ils reprirent l'offensive contre leurs vainqueurs et les exterminèrent presque totalement. Après s'être emparés de leurs terres et de leurs troupeaux et avoir réduit en esclavage ceux d’entre eux qu'ils avaient épargnés, ils se retirèrent dans le centre de l'ile et s'y multiplièrent rapidement.
Cette province, — la province d'Ankôve ou d'Émyrne — était alors occupée par les Vazimbas, peuplade grossière, ignorante et pauvre, qu’ils n’eurent pas de peine à soumettre.