CHAPITRE V
thropophagie y était pratiquée, il est vrai, mais elle n'avait pas sa cause .dans la barbarie des habitants ; elle avait pour raison d'être et pour excuse : l'amour de la mort. Si les Malgaches offraient les leurs en sacrifice aux dieux et les mangeaient ensuite, c'était
« soie
Femme hova.
Femme esclave.
avec le fervent espoir de les faire revivre dans toute la parenté, par incarnation.
Hospitalité. — De même qu’en Polynésie, les lois de l'hospitalité sont pieusement observées, en ce pays, avec cette différence, toutefois, qu'à Tahiti surtout elle est plus écossaise. Si, aujourd’hui, lorsqu'un blanc arrive à Madagascar, les Malgaches ne s'étendent plus à terre devant lui, pour qu'il leur marche sur le corps, l'hospitalité la plus large n’en existe pas moins. Quand un
voyageur s arrête dans un village, il entre dans la première case venue, y mange, y boit et y dort, sans que ses hôtes y trouvent à redire. Il est bon d'ajouter que la curiosité y est pour beaucoup, car tous les Malgaches sont avides de recueillir de sa bouche les nouvelles du dehors. à
Mariage. Polygamie. — Il n'y à que fort peu de temps que la polygamie n'est plus permise à Madagascar ; ce n’est que par une loi en date du 29 mars 1881 qu'elle a été prohibée. Bien que l’on voie encore actuellement des Malgaches posséder plusieurs femmes, la grande et les petites, la première est la seule reconnue légalement, et l'union par le mariage avec une femme légitime est l'unique moyen de fonder une famille jouissant de ses droits héréditaires.
Il est dans les mœurs de fiancer les enfants, dès le bas âge. Le mariage malgache est précédé d’un contrat, chez les nobles. À cette occasion, le hasina est de ri- gueur dans les classes riches, ou seulement aisées; dans le peuple, il est de convenance. Dans toutes les castes, le divorce dénoue les unions mal assorties et la veuve est obligée de se remarier avec le frère du défunt, s'ilen a un, ou, à défaut de son frère, avec son plus proche parent.
La fécondité, avons-nous dit plus haut, est considérée comme une bénédiction du ciel. La naissance d'un fils est accueillie avec une explosion d’allégresse générale ; celle d'une fille, au contraire, provoque un sentiment de déception. Cette contradiction a lieu de nous étonner, de la part d'un peuple vivant sous la domination d’une femme, en la personne de sa reine, qui réalise, à ses yeux, l'idéal de la perfection terrestre. Mais, quel peuple peut se vanter de mettre ses actes d'accord avec ses principes ?
A RE ce y RE tn >