CHAPITRE V
celles qu'ils possédaient dans leurs demeures. Les
sampy (idoles) n'étaient autre chose qu'un morceau de corne de bœuf travaillé, un bambou sculpté, une pierre dégrossie ou même brute, ou d’autres objets informes, bien soigneusement enveloppés de bandelettes et ficelés au bout d’une hampe.
C’est saint Vincent de Paul qui organisa la première mission catholique, à Madagascar. Il y envoya les PP. Nacquart et Gondrée, lesquels débarquèrent, le 4 décembre 1648, à Fort-Dauphin, où déjà les avaient précédés, cinq ans auparavant, M. de Bellebarbe, aumônier de la Société francaise fondée par Richelieu, et, trente ans plus tard, deux pères Jésuites.
Les premiers missionnaires anglais n'apparurent dans cette île qu'en 1820.
Nous n’avons pas ici l'intention de faire l'historique des missions à Madagascar, nous rappellerons seulement à grands traits, et pour mémoire, le rôle respectif qu'y ont joué les deux missions en présence, et l'action qu'elles ont exercée, tour à tour, sur la politique indigène. |
Nous avons vu comment nos missionnaires, après avoir donné des preuves d’un dévouement véritable-
ment évangélique, après avoir essuyé toutes sortes
d'humiliations et de vexations, de la part de leurs rivaux, ont été chassés de l’île, à la mort de Radama II, au moment même où on commencait à les écouter; nous avons vu comment, toujours persécutés par leurs adversaires, ils ont été de nouveau proscrits, en 1883, au mépris de certaine clause du traité de 1868, relative à la liberté de conscience ! Nous avons vu de quels procédés inavouables se sont servis leurs collègues anglais, pour les évincer et les discréditer dans l'esprit du peuple malgache.
Nous avons vu de quelle facon les RR. anglais entendaient la propagation de la for, usant de coups de
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bâton, en guise d'arguments persuasifs, pour racoler leurs adeptes et les courber sous le joug de leur doctrine, ne reculant pas devant le crime pour se débar-