‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 125 sur 194 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

rasser d’un monarque débonnaire qui n’entrait pas dans leurs vues.

Nous avons vu, enfin, qu'en 1869, à force d'intrigues hypocrites, ces soi-disant apôtres ont réussi à assurer le triomphe de leur œuvre antihumanitaire, par la conversion à leur secte de la Reine et de son époux, et l'érection du protestantisme en religion d'État.

Il est inutile d’insister davantage sur des faits dont le lecteur ne se souvient que trop.

Actuellement, bien que Madagascar nous appartienne

légalement, ils règnent toujours en maitres absolus sur les esprits, qu'ils gouvernent par l'ascendant du prestige acquis. Ils forment légion, tandis que nos missionnaires ne forment’ qu'un groupe isolé; ils sont une force compacte, tandis que les nôtres ne sont que les débris épars d’un faisceau brisé. Et, cependant, la jalousie les divise et les envenime les uns contre les autres : Indépendants ou méthodistes de la Zondon missionnary Society, Prédicants, Luthériens, Anglicans et Quakers.

Mais, si les nôtres n’ont pas vu leur œuvre couronnée de succès, ils ont, du moins, la conscience pure, exempte de tout reproche. Ils peuvent se vanter de n'avoir Jamais eu recours à la bastonnade, pour imposer leurs croyances et se faire construire des temples dans chaque village ; ils peuvent s’honorer de n’avoir jamais compté dans leurs rangs des Pritchard et des Shaw.

Les missionnaires protestants français n’ont pas encore été évangéliser à Madagascar. Ils ont négligé la srandeile africaine, eux qui songent à s'établir au Congo. Cet oublia été signalé dans une réunion de missionnaires protestants francais, tenue, récemment, sous la présidence de M. de Pressensé. M. de Mahy a profité de l’occasion pour rompre quelques lances en faveur de nos

missionnaires, et combattre les Indépendants anglais, qui sont les plus lâches ennemis de notre influence coloniale. On a dénaturé le sens des paroles de cet intrépide défenseur de la question de Madagascar, en laissant entendre que les missionnaires protestants francais étaient impliqués dans ces paroles de blâme. Lesinterpellations, les invectives n’ont pas manqué à l'honorable député de la Réunion, manifestations d'autant plus regrettables, qu’elles propagent le préjugé de notre impuissance colonisatrice et font le jeu de nos ennemis, en même temps que les affaires de leur courtage religieux.

Aujourd hui que les méthodistes ont l'air de vouloir quitter Madagascar, — après fortune faite —- espérons que nos missionnaires protestants francais, n'étant pas guidés par les mêmes raisons, n'hésiteront plus à aller les remplacer.

Circoncision. — À quelque secte qu'ils appartiennent, tous les Malgaches, sans exception, pratiquent la circoncision, Vieille coutume qu'ils tiennent des Arabes. Autrefois, cette opération, remontant à Andriamaneb (1567), était l’objet d'un grand cérémonial. On l’accomplissait à l'approche de la pleine lune et l’on égorgeait des taureaux pour la circonstance. Aujourd'hui, elle est débarrassée de toutes les formalités extérieures prescrites par les anciens rites.

Superstitions. — A des idées qui peuvent passer pour assez élevées, les Malgaches associent les superstitions les plus vulgaires. A vrai dire, ces superstitions, dans leur ensemble, constituaient leur seule relision. Les pratiques superstitieuses ont survécu au naufrage des anciennes croyances et subsistent encore, même parmi ceux qui ont officiellement embrassé le christianisme. C'est ainsi que la généralité continue à porter des ody (amulettes) et à rendre à la pierre un

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