‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 126 sur 194 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

culte particulier. Au nombre des pierres qualifiées de sacrées, il faut classer, au premier rang, celles qui sont

ON nee

Entrée de Tananarive.

el A ÿ

Fe ALLER

AU Lie tue SUR RE

élevées comme monument commémoratif d'un fait im-

portant de leur histoire. Viennent ensuite: la pierre marchante, la pierre à échos, la pierre glissante, la pierre caquetante, la pierre borne, la pierre porte, la pierre diseuse de bonne aventure, la pierre vertu universelle, à laquelle on attachait des chiffons ét des cheveux, la pierre à vœux, la pierre des jours fastes et celle des jours néfastes. Toutes ces pierres recoivent l’onction de leurs adorateurs.

Autrefois, les Malgaches offraient des sacrifices aux mânes de leurs ancêtres et aux esprits des lieux fatidiques ; aujourd’hui, ils le font encore, mais en secret, redoutant la férule de leurs intoiérants convertisseurs. Les ombiaches (sorciers) étaient les pontifes de ces cérémonies divinatoires ; on les consultait pour interpréter le sort et prédire l’avenir. Selon que leur naissance eut lieu, certains jours, à certaines heures, selon les cris de leur mère, les nouveau-nés étaient abandonnés ou égorgés. Il en était de même des enfants venant au monde jumeaux ou contrefaits.

Maintenant que la sorcellerie est passible des tribunaux, ce nest guère qu'après dix heures du soir, lorsque les sentiers sont déserts, que le passant attardé rencontre sur son chemin le sorcier, au corps huilé des pieds à la tête, de facon à se rendre insaisissable. |

Fady ou Tabou. — Nous retrouvons à Madagascar, comme en Océanie, le Tabou, ou fady. Il suffit, pour se préserver des déprédations des voleurs, de planter en terre, devant sa porte, un bambou surmonté d’une petite botte de paille de riz ou d'herbe ; c'est le fady, qui sert encore à interdire l'accès de certains lieux, à prohiber l'usage de certains aliments, à isoler ceux qui sont atteints de certaines maladies, etc.

Ancêtres. — Aux yeux des Malgaches, les ancêtres

Page 1