‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 129 sur 194 · CHAPITRE V. ‘+ do · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. ‘+ do

Si le gouvernement de la reine des Hovas n'était pas un régime despotique, son peuple serait, certainement, le plus heureux de la terre, puisque son existence s'écoule riante et joyeuse, au milieu de plaisirs continuellement renouvelés.

Comme en Espagne, il y a, à Tananarive, des courses de taureaux; elles ont lieu dans la cour du palais royal. Les taureaux destinés à y prendre part sont entretenus, à grands frais, dans les écuries de S. M. Quand le moment est venu de les faire entrer en lice, ne jugeant pas suflisants leurs moyens de défense naturelle, on ajoute à leurs cornes des pointes de fer. Le rôle des toreros consiste à saisir l'animal au passage par la bosse du cou, et à sauter sur son dos, à la voltige, exercice dangereux, dans lequel ils trouvent souvent la mort.

Les combats de coqs passionnent aussi les naturels ; comme en Angleterre, ils engagent des paris sur les combattants.

Mais leur passe- nn favori est la lutte; ils s’y livrent fréquemment entre eux et il est De rare qu’elle dégénère en rixe.

Les grands préfèrent à ces distractions chères au peuple le tir à l'oie et au bœuf; le gagnant a droit, pour prix de son adresse, à la bôte qu'il a tuée.

Enfin, le flanja rencontre beaucoup d'amateurs dans toutes les castes. Ce jeu se compose d’une planchette, symétriquement perforée de trous dans lesquels on pose des boules ou de petits fruits ronds, qui tiennent lieu de pions, et que l'on manœuvre à volonté, suivant la marche du jeu, comme à notre jeu de dames.

Dans toutes les fêtes malgaches, on sert aux invités la betsabelsa (jus de canne fermenté) ; ce serait manquer aux convenances et offenser gravement ses hôtes que de ne pas leur offrir cette boisson traditionnelle.

Musique. Chants. — De tous les plaisirs qu'elle a pris à Paris, aucun n’a été plus agréable à la mission malgache que la représentation de Mignon, à l'Opéra-Comique, de triste mémoire. La musique de cet opéra l’a littéralement laissée sous le charme le plus complet. En effet, 1l n’est guère de peuple mieux organisé et plus passionné pour la musique que le peuple malgache. Chez eux presque tous sont musiciens. Indépendamment de nos instruments, dont ils jouent avec une facilité innée, ils possèdent plusieurs instruments indigènes. Le plus répandu estlevahiha, sorte de guitare cylindrique, à clavier de bambous défibrés. Comme la plupart des peuplades sauvages, 1ls font aussiusage de la conque marine, mais elle est spécialement réservée pour les appels aux armes et les fêtes publiques.

Leurs chansons ne sont pas moins harmonieuses que leurs concerts instrumentaux. Ge sont des mélopées, d’un rythme mélancolique et doux, composées d'un couplet que la voix la plus pure et la mieux timbrée chante d’abord, en solo, et d’un refrain, d’une allure plus vive, que l'assemblée reprend en chœur. Le sujet choisi est une improvisation au soleil, à la lune, ou à la reine.

Danses. — Un peuple aussi musicien doit forcément être danseur. Les danses malgaches sont plutôt des manœuvres d'ensemble que des pas de couples isolés. Elles n'ont rien d'indécent et sont assez gracieuses. À la cour, avant l'apparition des danses européennes, dont l'effet leur parut assez bizarre, les groupes se mouvaient en masse et en cadence, sur des lignes tracées en quinconce. Le souverain parcourait seul les lignes droites, tandis que sa suite suivait, en bandes, les lignes transversales.

Aujourd'hui, dans les fêtes monstres auxquelles

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