‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 130 sur 194 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

prennent part plus de cent mille personnes, les hommes, alignés par files régulières, gesticulent de droite et de gauche, levant tantôt les bras, tantôt les pieds, avec des mouvements automatiques. Les

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Musique royale hova.

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femmestendent les bras en avant, et les font onduler en gestes arrondis, tout en imprimant à leur corps, de droite à gauche, un balancement en rapport avec la plastique de leur pose. A voir tout ce monde manœuvrer en me-

sure, aux sons de la musique, on se ligurerait assister à un des grands mouvements d'ensemble de nos ballets modernes. Non contents de leurs danses nationales, cependant d’un caractère si expressif et si original, les Malgaches ont emprunté à leurs bons amis, les Anglais, cette sauterie de pantin épileptique : la gigue.

Fête du bain. — Les Malgaches aiment beaucoup à se baigner. De là, leur force et leur souplesse. Ils ne peuvent se livrer à ce délassement dans toutes les eaux, non pas qu'ils craignent la mauvaise rencontre des caïmans, mais parce que certains lacs sont reconnus sacrés, comme celui, entre autres, où fut coulée la pirogue de Rafoly. C'est dans celui-là qu'on vient puiser l’eau où le souverain doit se baigner, afin de renouveler sa jeunesse et sa vigueur. La grande fête du bain (frandroana), instituée par Ralambo pour célébrer lepremier Jour de l’an malgache, a lieu vers le 22 novembre.

Le décret royal qui l’annonce donne d’amples détails sur le mode d’abatage des bœufs qu on doit manger ; 1} prescrit la redevance à payer par chacun, pour l'achat des bestiaux : 25 centimes par les aînés de famille, 42 centimes et demi par les cadets et 6 cenlimes par les derniers nés. Les veuves, les femmes non mariées, les vieillards, les orphelins et les gens sans ressources sont exemptés de cette taxe, mais on leur donne leur part du festin populaire. Cette fête dure en réalité plusieurs semaines; celle de 1886 a commencé le 22 novembre et a fini le 10 janvier. Pendant cette période, toutes les affaires sont suspendues et les tribunaux chôment, sauf pour les cas de flagrant délit ou d'accusation personnelle.

Elle commence par la cérémoine du bain proprement dit, à laquelle sont convoquées, au palais, toutes les castes dans le costume de leurs ancêtres. À une heure

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