‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 136 sur 194 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Chargés d'affaires et obéissant à l'impulsion dirigeante d’un président, qui prit le titre de premier ministre, qu il a conservé.

En tout temps, des lois furent promulguées, suivant les besoins du moment, mais ce ne fut qu'à l'occasion du couronnement de Ranavalona IT, — 3 septembre 1868 — que parut le premier code hova, confectionné à Londres et renfermant 308 articles, insérés dans 31 chapitres, dont lecture fut donnée solennellement au peuple assemblé. Ce code, imprimé par les soins du célèbre missionnaire anglais Parrett, auquel on en attribue la paternité, à subi, depuis, quelques modifications. Ces modifications, provenant de la même source, datent du 29 mars 1881. Elles concernent l'organisalion de la justice, de l’armée et de l’instrucüon publique.

De plus, Ranavalona IT créait, la même année, huit ministères : Intérieur, Affaires Étrangères, Guerre, Justice, Trésor public, Promulgation des lois, Industrie, Agriculture, Commerce et Instruction publique.

En dehors des ministres, qui constituent le conseil privé de la reine, ou plus exactement du premier ministre, le corps des officiers de la couronne forme, dans son ensemble, un Conseil d’État.

Les affaires imporlantes du royaume sont traitées dans les Kabars — Assemblées générales populaires — où le peuple est représenté seclionnellement par les chefs, ou les anciens du pays. Ces réunions se tiennent ordinairement en plein air, sur une place publique, au pied de quelque lamarinier, ou sous un hangar consacré à cet usage.

Il arrive parfois que l'affaire en cause doive rester secrète. Alors, l'assemblée se réunit, la nuit, dans un endroit isolé, et les gardes du palais éloignent du

lieu de la conférence tous ceux qui ne sont pas appelés à y prendre part.

A la Lête de chaque ville est placé un gouverneur, choisi parmi les officiers. Chaque village est administré par un chef éleclif héréditaire, qui relève, lui-même, du gouverneur de la ville dont dépend son district. Assisté de plusieurs conseillers, il expédie les affaires courantes et remplit des fonctions analogues à celles de maire. Chaque chef est chargé de percevoir les impôts pour le compte du gouvernement; 1l en remet le montant à des officiers hovas qui, de temps en temps, sont envoyés en tournée à ceteffet. Malheur à lui, s'il s’est rendu coupable de détournement ou de retard ; 11 sera mis aux fers.

En ce qui concerne la transmission du pouvoir, rien n’est nettement déterminé. Cependant, il est hors de doute que la reine actuelle est bien la descendante et l’héritière de Rafoly et des autres souverains dont la tradition nous fait connaître l'existence. Si elle n’est pas leur des'endante la plus directe, on peut, du moins, assurer que la royauté s'est maintenue dans la même famille, depuis 1527.

Jusqu'à Radama IT (1861), tous les monarques qui ont régné sur l’Emyrne sont montés sur le trône en vertu d'une désignation spéciale, faite par leur prédécesseur et annoncée solennellement par lui à la nation assemblée. À parur de ce dernier roi, mort en 1863, dans les circonstances tragiques que l’on connaît, c'est le premier ministre qui choisit, dans la famille royale, le membre qui doit porter la couronne. Et :ïl a soin de porter son choix sur une femme, afin de conserver plus sûrement son aulorité.

La cour d'Émyrne se compose de grands officiers, de maréchaux du pa'ais, de généraux, de dames d'hon-

% ' RER Re CSD à

Page 1