‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 142 sur 194 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dite, qui est: une des vieilles coutumes malgaches, il en existe une autre, d'origine plus récente, mais qui pèse peut-être plus lourdement encore aux indigènes. Cellelà, nous l’avons vue en usage à Tahiti, et nous la retrouvons ici, où elle a été importée par les mêmes hommes. Il s’agit de cette obligation, imposée par les révérends anglais, qui consiste à forcer la population à se rendre,

Soldats hovas faisant l'exercice.

le dimanche, aux offices de leur culle. Dans la ferveur de leur zèle évangélique, ces prédicants ont édicté un

tarif de pénalités sévères contre ceux qui commettent

la faute de manquer au préche, ou de s’y endormir. Par leur ordre, les récidivistes, notamment, sont condamnés à marcher sur les genoux et sur les coudes dans un marais, où, cinglés par le fouet, 1ls se trainent Jusqu'au cou dans l’eau fangeuse. C'est ce qu'on appels piler le marais.

Voilà par quels moyens Déruasifs ces apôtres de la

foi propagent les doctrines du Christ! Ils mènent la liberté de conscience à coups de trique.

Celte corvée dominicale ne leur à pas suffi, ils en ont inventé une autre. Elle a lieu, à l'occasion du Lohavolana — nouvelle lune — pour la manducalion ‘du pain, en souvenir de la Cène. Non seulement ils exigent de leurs fidèles malgré eux qu'ils fassent acte de présence à cetle cérémonie, mais encore als les contraisnent à en payer les frais.

La corvée royale se complète par le hasina, ou l'offrande d'une pièce d'argent à la reine, en signe de parfaite soumission à son autorité royale. On s’acquitle de celte contribution, déguisée sous l'apparence d'un présent volontaire et spontané, à certaines époques déterminées, telles que: le premier jour de l'an malgache, ou l'anniversaire du couronnement du souverain. En outre de ce hasina en argent, qu'on pourrait qualilier de casuel, le peuple est encore ranconné d'un hasina permanent, exigible en nature.

limnpôls. — La cote personnelle est insignifiante et monte, annuellement, à environ un centime par famille; la taxe annuelle, par famille, varie de trois mesures à trois décalitres de riz. A la mort du souverain, le peuple est frappé d’un impôt extraordinaire de 5 centimes par tête, dont le produit est destiné à couvrir les frais des funérailles du monarque défunt,

Le gouvernement veut-il acheter des armes, ou solder .

une indemnité de guerre? C'est encore le pauvre peuple qui est mis à réquisilion. |

Comme on le voit, ce ne sont pas les contributions direcles qui alimentent le fisc, — elles ne sont qu'extraordinaires et subordonnées aux besoins du moment ; — la corvée, les amendes, la confiscation, les remplacent avantageusement.

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