CHAPITRE VE
fois pour s'y rendre parcouru de grandes distances.
Il existe à Tananarive une faculté de médecine, instituée par ces mêmes missionnaires anglais, que nous rencontrons partout où nous voulons coloniser. En vertu d'une ordonnance royale, nul ne peut exercer la médecine, ni vendre des produits pharmaceutiques, sans être dûment diplômé par celte faculté. Et le diplôme qui confère au postulant le droit d'exercer lui est octroyé, après qu'il a subi un examen portant sur les noms et la composition des diverses substances médicinales. Il ne doit pas être délivré de poison, sans l'ordonnance du médecin.
Mais celle simili-académie de médecine, créée parles méthodistes, n'est plus qu'un mythe; elle s’est dissoute d'elle-même; son hôpital, où l'on payait assez cher le droit d'occuper un lit, a fermé ses portes. C'est que le médecin de la résidence, le docteur Boissade, à qui nous devons ce résultat énorme, va visiler ou recoit gratuitement riche comme pauvre, Malgache comme Européen, au dispensaire qu'il a fondé, et où il délivre des médicaments également gratuils. Aussi sa popularité est-elle immense; tous les indigènes le saluent de Ja voix et du chapeau ; beaucoup viennent lui embrasser les mains. Le premier ministre aurait même demandé l'agrément de notre résident, pour: nommer le docteur Boissade médecin du palais.
Le gouvernement hova possède une imprimerie, ré-. servée aux besoins des services administralifs. Autrefois. les ordres de la reine étaient transmis verbalement; aujourd’hui, 1ls partent de la capitale, imprimés par la presse du palais. Outre celle imprimerie officielle, 1} existe aussi, à Tananarive, une imprimerie privée. Celle-là imprime plusieurs publications périodiques, les unes en malgache, les autres en anglais : les unes
quotidiennes, les autres hebdomadaires, bi-hebdomadaires, mensuelles, bi-mensuelles, trimestrielles, semestrielles ou annuelles; quelques-unes sont illustrées. Les journaux les plus importants sont: le Madagascar Tünes et le Gazety Malagasy, le Progrès de l'Emyrne.
Ponts et chaussées. — Les routes font complètement défaut, à Madagascar. Si le gouvernement hova s'est prêté au développement de l'instruction publique et d'autres institutions utilitaires, il n’a jamais voulu laisser élablir de grandes voies de communication. « Les Européens trouveront toujours assez tôt le chemin de ma capitale, disait Radama [°°, sans qu il me soit besoin de construire des chemins, qui en facilitent l'accès à leurs armées. »
Le voyageur qui gagne Tananarive, d'un point quelconque de là côte, ne peut donc y parvenir qu'en suivant des sentiers abrupts, bordés souvent de fondrières et de lacs de boue, et des escarpements surplombant des précipices. Et il doit s'estimer heureux quand, sur son parcours, il ne trouve pas le sentier encombré par une file interminable de soldats, précédant une file de porteurs ; car tous les transports se font, [à-bas, à dos d'homme. En ce cas, lui et sa suite dcivent se ranger pour laisser la voie libre aux porteurs royaux, dont le défilé dure parfois des heures entières. Souvent encore, il est arrêté par le passage de troupeaux de bœufs qui gagnent la côte, où ils sont embarqués.
Comme moyen de locomotion, on est obligé de se contenter d'une espèce de palanquin, particulière au pays: le ftlanzana. C'est un pet siège en bambou, supporté par deux brancards, sur lequel s’assied tant bien que mal le voyageur; de chaque côté, sont des appuis qui sou- Hüennent les bras ; les pieds reposent sur une planchette mobile, maintenue par des cordes. Les extrémilés des