CHAPITRE VI
bâtons fixés au siège sont placées sur les épaules de quatre porteurs, appelés bour'anes. Ces hommes sont d'une vigueur et d'une agilité incomparables; sans se soucier du poids qui pèse surleurs épaules, ils marchent,
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[l Voyage en fiticcon.
ils courent, en sifflant, en chantant, et accomplissent ainei uu trajet de cinq ou eix lieues, sans s’ariéter. Ges bourjeanes sont tous d’une fidélité et d’un dévouement à toute épreuve: il n'est pas d'exemple qu’un seul d'entre eux ait cherché à nuire à ceux qui les em-
ploient; tous sont prêts à exposer leur vie, pour sauver celle du voyageur.
Pour les promenades, dans les environs de Tananarive ou des autres centres principaux, on les paye d'après un larif officiel : douze cenlièmes ouseize centièmes ; pour les longs voyages, on traite avec eux à forfait.
Un voyageur de condition modeïte ne peut décemment enrûler moins de dix porteurs, pour lui et ses bagages ;unriche Malgachetraine toujours à sa suite, pour luietsa famille, de quatre cents à cinq cents esclaves porteurs. Si la reine entreprend une excursion dans ses, États, toutes les populations sont réquisitionnées sur son parcours. Ainsi que nous l'avons vu, lors du voyage de Ranavalona IT, les uns sont chargés des tentes, les autres de l'ameublement du palais royal ambulant, des provisions de bouche, des canons et des munitions.
En dehors de ce mode de transport, il en existe un autre: la monture du bœuf écorné. En guise de bride on passe une corde aux naseaux de la bête, une espèce de bât sert de selle. Le Malgache monte dessus, et le voilà parti, au pas ou:au trot.
Le trajet de Tamatave à Tananarive, itinéraire le plus fréquenté pour monter à la capitale, dure de 10 à 12 jours, selon le temps qu'il fait. Pendant les trois premiers jours, on longe constamment la côte, jusqu'à Andevourante, entre des lacs marécageux d'un côté, et la mer de l'autre. Cette première zone, assez fertile, comparativement à l'intérieur des terres, est toute en pâturages et ombragée par des bouquets d'arbres, au feuillage touffu, qui lui donnent un aspect des plus agréables. Mais ne vous fiez pas à cette apparence trompeuse, Car les eaux stagnantes qui croupissent, eà et là, dégagent des miasmes fiévreux, et rendent malsaine la contrée environnante.