‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 158 sur 194 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

différentes espèces de makis, on distingue aussi le simepoune, dont la tête ressemble à celle du King- Charles. Ce dernier pourrait marquer la transition qui existe, dans l’ordre zoologique, entre le maki et le singe. Il présente cette particularité anatomique que, de même que chez les ruminants, les dents incisives de l’arcade supérieure lui font défaut. Le maki roux est, de tous les makis, le seul bon à manger : sa chair a un peu le goût de celle du lièvre.

L'aie-aie, horrible petit animal, qui doit son nom bizarre à son cri d’effroi, est un des animaux les plus curieux de Madagascar. Il lient de l'anthropoïde par ses membres postérieurs, et de l'écureuil par sa queue et ses dents. Nyctéophiie, le jour l'éblouit; plein d'activité, la nuit, il se nourrit d'insectes et de fruits. On le rencontre au nord de la côte ouest; mais il se multiplie peu, et aura bientôt disparu de l’île.

Il y a, à Madagascar, une sorte de hérisson insectivore, le {endrac, gros comme un lapin domestique, dormant en terre, comme la marmotte, pendant sept mois de l’année. Il offre cette particularité qu'il emmagasine autour de sa queue et dans diverses parties de son corps une provision de graisse devant servir à sa nutrition, pendant son sommeil léthargique. Pris à ce moment, il est excellent à manger.

Il n'est pas rare de voir dans les cases malgaches un pelil carnassier, de Îla taille d'un écureuil, les oreilles ornées de boucles. C’est le voumstira, dont Madagascar possède plusieurs types. Très facile à apprivoiser, il se nourrit surtout du sang des rats, dont 1l est l'ennemi acharné.

Nous citerons encore en fait d'animaux particuliers au pays : la mangouste, sorte d'ichneumon, qui, d'a-

près Buffon, détruit dans le sable une quantité d'a- |

nimaux invisibles; le cameléon, commun dans l'ile, où il est un objet de superstition ; la rousseite, immense chauve-souris, dont les Malgaches recherchent la chair. Quant aux félins, ils se présentent sous une forme plantigrade, que l’on n'a reconnue en aucun autre pays.

Chélinivns. — Les Chéloniens sont, pour les indigènes de la côte ouest, une des branches principales de leur exportation. Ceux-ci possèdent plusieurs variétés de tortues de terre et de marais. M. AÏ£ Grandidier parle de carapaces de deux tortues éléphantines, trouvées par lui, qui sont certainement celles des plus grandes tortues d'eau douce connues.

Lrp'tologre. — liepriles. — Les reptiles, à Madagascar, ne sont pas dangereux. On y trouve des serpents de différentes espèces et de différentes grosseurs, entre autres : la couleuvre ordinaire et une petite espèce de boa, ennemie du rat et des poulaillers. Parmi cette dernière espèce, on en remarque surtout deux très petites, dont l’une perce les œufs, et dont l'autre s'introduit dans le nez des animaux, de préférence dans celui des bœufs et des sangliers, pour en sucer le sang.

Le cent-pieds abonde dans l'ile. Sa piqüre est. parfois, fort douloureuse ; elle occasionne une enflure, et il s'ensuit une fièvre violente pouvant durer trois jours, si l'on n’emploie pas, en temps voulu, les simples dont se servent, en pareil cas, les indigènes.

Crocodiles. — Le plus dangereux de tous les animaux de Madagascar, le seul qui soit véritablement redoutable, c’est le Crocodile, appelé par les Malgaches la terreur des eaux. Cet amphibie (crocudilus Marlagaseariensis) est, en ce pays, d'une espèce particulière ; il à

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