‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 160 sur 194 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

amorcent avec un quartier de bœuf. Ils déposent le tout sur le bord de la rivière, et, tapis derrière les roseaux, attendent que le vorace ait avalé l'appät; alors, ils l'attirent à eux et le tuent à coups de sagaïe.

On ne voit guère de crocodiles, à Madagascar, que

le long de la côte ; au delà des grandes cataractes, on n’en rencontre plus, dans les rivières de l'intérieur. … Pachydermes. — Des débris fossiles d'hippopotames, recueillis par M. Alf. Grandidier, permettent de supposer qu à une certaine époque Madagacar a possédé des pachydermes.

Ornithologie. — Les espèces aïilées offrent une srande variélé. Les forêts sont peuplées de gros perroquels qui parlent très distinctement, quelques jours après qu'on les a pris. Dans certaines parties de l'ile, foisonnent les pintades sauvages, les faisans, les merles, les perdrix, les veuves, au dos noir de Jjais et au ventre orangé, dont le chant aigu et varié fait fuir les oiseaux de proie, les perruches noires et vertes, très babillardes, les cardinaux, qui ravagent les rivières, les pigeons bleus à la têle rouge, les cailles grises, les corbeaux à collerette blanche, les tourterelles, les colibris, la terpsiphone, confondue à tort avec l'oiseau du paradis, qui n existe pas à Madagascar, à cause des deux longues plumes qui s'élancent de sa queue et qui n ont d'ailleurs aucune valeur, etc., etc.

Sur le bord des rivières, à l'ombre des feuilles de songe, on peut admirer le parra albinucha ; le vouroum-saranioui, le plus bel oiseau de rivière de Madagascar, de la grosseur d'un pigeon, au plumage rougefeu : les Malgaches l'ont en vénération; ils le regardent comme le protecteur des hommes, parce qu'il les avertil, par son cri, de la présence du crocodile.

Les oiscaux aquatiques sont représentés par plu-

sieurs espèces de canards; par la poule sultane, la sarcelle à tête rouge, la Lit dont le plumage, sauf la tête, est couleur de feu, par une espèce de cygne gris, à la crête rouge et bleue, par la bécassine, le héron, etc., etc.

En fait d'oiseaux de mer, fréquentant le rivage, signalons le corbigeau, au cri mélancolique, l’alouette de mer, la frégate, le fou, qui tire son nom de son vol incohérent. Seul, parmi ces oiseaux de mer, le vorombato, ou eto-eto, est un excellent gibier.

Comme oiseaux de nuit : le ie le chat- huant, le grand-duc.

Parmi les oiseaux de proie citons : une petite espèce de vautour, l’épervier, l'ibis de Madagascar, et le fameux vouroum-mahère. Ce dernier, fort courageux, peut être classé au premier rang des oiseaux de proie; il est l'aigle de ces contrées. Aussi, Radama 1® l’a-t-1l adopté comme emblème royal. Il ne se trouve que sur les hauteurs de l'Emyrne, où il fait son nid, dans les anfractuosités des roches les plus escarpées.

Nous n'avons énuméré Jusqu'ici que les principaux oiseaux qui existent à Madagascar et sont pour la plupart spéciaux au pays. En effet, sur les cent soixante uspèces reconnues par M. Alf. Grandidier, il y en a plus de cent qui sont indigènes.

L'ile de Madagascar possédait jadis, un oiseau colossal, aujourd'hui disparu de la surface du globe. l'œuf de cet oiseau avait une contenance de plus de huit litres; son volume équivalait à celui de

8 œufs d'autruche, ou à celui de 448 œufs de poule.

Malgré ces proporlions gigantesques, ce n'était pas un oiseau de proie. C'était l'ŒÆpyornis maximus. M. Alf. Grandidier a découvert une partie fossile de son squelette, à Amboulitsate.

Fossa (Cryptoprocta ferox).

Entomoloqie. — À Madagascar, comme dans tous les pays marécageux intertropicaux, il existe une quantité infinie d'insectes malfaisants, dont quelquesuns sont très dangereux, entre autres le scorpion: plusieurs variétés d'araignées, dont là piqûre venimeuse de quelques-unes engendre la fièvre et occas'onne parfois la mort. La plus grosse est l’araignée géante (£'pura Aladagascariensis) qui grimpe contre les murs. Les indigènes la mangent en l’accommodant à l'huile ou à la graisse.

Les moustiques pullulent, ainsi que les mouches phosphorescentes; c'est surtout à l'époque de l'hivernage qu on en est incommodé.

Les variétés de lépidoptères sont à l'infini. Parmi elles citons le plus beau papillon connu : l'urania riphæa.

Le ver à soie est surtout localisé dans les environs de Fort-Dauphin, où il n’est pas rare de voir, accrochés aux branches des arbres, des cocons aussi gros que des concombres.

Les abeilles sont communes, surtout sur la côte ouest; elles fournissent, en quantité, du miel excellent et de la cire renommée pour sa bonne qualité.

Ichlhyologqie. — Les lacs et les rivières sont très poissonneux, mais les espèces sont peu variées. C'est

surtout au delà des cascades que l'on pêche les

poissons les plus fins et les plus délicats : la carpe, la carangue d'eau douce, la chevrette (camaron), sorte de crevette énorme, l'anguille, etc., ete. Les Malgaches ne se nourrissent pas de l’anguille; ils la considèrent comme un poisson malfaisant. Les Européens qui en mangent sont mal vus, et, s'ils le peuvent, les indigènes ne manqueront pas de briser le vase danslequel ils l’auront fait cuire. En dehors du mulet, on re-

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