‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 161 sur 194 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

cherche aussi le gourani, poisson plat, plus fort que le turbot ; sa chair est blanche, ferme et délicate. [ serait, paraît-il, originaire de Chine et aurait été introduit à Madagascar, après l'avoir été à l'ile de la Réunion. On trouve encore un poisson d'eau douce monstrueux, ressemblant à la vieille. Sa chair est huileuse ; il devient aussi gros que le marsouin el passe pour dévorer les enfants qui se baignent dans ses eaux.

Dans la famille des hirudinées nous remarquons plusieurs espèces de sangsues, les unes et les autres inoffensives.

Les côtes sont fréquentées par le caret ({estudo 1mbricata), qui ne diffère de la tortue de terre que par la grosseur et par la carapace, laquelle fournit de l'écaille à l’industrie; par le dugong — lambo hara — (porc de récifs), ainsi désigné à cause de sa tête et de son museau, qui ont tout à fait la forme de ceux du porc : sa grosseur, qui est celle d'un bœuf ordinaire, rend sa capture très difficile; il arrive souvent qu une fois harponné, il fasse chavirer l'embarcation qui le poursuit, et que, par ce fait, les pêcheurs, jetés à la mer, soient exposés à être dévorés par les requins qui infestent ces parages. On rencontre aussi, en ces parages, beaucoup de baleines, mais plutôt du côté d'Andévourante.

Espèce bovine. — L'importation des espèces européennes à parfaitement réussi à Madagascar. La douceur du climat permettant d'y laisser les troupeaux en constante liberté, c'est par milliers que l'on compte le nombre des troupeaux de bœufs qui s’y trouvent aujourd hui.

L'espèce locale est celle du zébus bison — bos indicus — il vit à l’état domestique ou à l'état sauvage.

a | MADAGASCAR.

Les Malgaches l'appellent : ombé hala (bœuf du bois). Il est très difficile à ramasser et cette chasse donne plus de mal aux indigènes que celle du sanglier. On distingue trois espèces de zébus : la première, le bouri, est sans cornes; la seconde, à grandes cornes pendantes: la troisième, la plus commune, à cornes aiguës et relevées à une prodigieuse hauteur. Ce dernier seul est exporté.

Ce n'est que sous le règne de Ralambo (1587) que les Malgaches paraissent avoir commencé à manger de la chair du bœuf. Jamais, avant cette époque, raconte la légende, aucun animal de cette espèce ne s'était présenté à leurs regards, quoique d'autres tradilions prétendent que les bœufs étaient déjà connus dans l'Emyrne, mais que, jusqu’à ce roi, on ne les mangeait pas. Quand un bœuf mourait de mort naturelle, il était, comme chez les Indiens, enfoui à l'écart. |

Espèce chevaline. — Si l'on voit peu de chevaux, à Madagascar, il n'en faut pas conclure que l'espèce chevaline n'aurait pas réussi à s’y acclimater, c'est parce que les indigènes ont reculé devant les peines et les soins que réclame l'élevage des jeunes poulains. I n'y en a guère qu'à Tananarive, et encore ont-ils été offerts, comme présents, à la famille royale.

Dans ce pays essentiellement montagneux, les chevaux arabes et les mulets rendraient pourtant de très srands services et s'acclimateraient peut-être plus facilement que le cheval normand par exemple, dont la mission a acheté des spécimens, lors de son dernier voyage en France (janvier 1887).

Espèces ovine et caprine. — L'espèce ovine est très répandue ; elle réussit à merveille et est d'une race spéciale au pays : à grosse queue et à aine rase.

| Da

gascariensis.

Anastomus mada

Il en est de même des chèvres, dont DEAUEU UE sont à l'état sauvage.

Espèce porcine. — L'espèce porcine est très prospère et constitue un excellent rapport. On rencontre partout des sangliers (iambo anala, porcs des bois). Is sont de deux races : la grande, qui est la plus nombreuse, ressemble à la nôtre, à part la structure de la tête qui est effroyable; la petite est assez rare. Les naturels, qui les chassent à la sagaïe et au chien, jouissent d’une grande considération ; ils sont fêtés et recoivent des bœufs, en récompense des services qu ils rendent à la population, en la débarrassant d'animaux nuisibles qui détruisent souvent des rizières entières.

Æsyèces canine et féline. — Le chien malgache ressemble au renard, dont il a le poil fauve, les oreilles droites, le museau allongé, la queue large et fournie. Beaucoup vivent dans les forêts, où ils se nourrissent de leur chasse.

Bien que les rats soient si nombreux dans l'île, qu'ils en deviennent un fléau, on y voit très peu de chats. Les Malgaches ont, d'ailleurs, une espèce d'aversion pour ces animaux, dont la plupart vivent à l'état sauvage.

La volaille est très abondante. Le coq blanc, l'oiseau chéri du géant Dérafif (fils de Zanahary le bon génie), est l'objet d’une grande vénération. Il passe pour préserver les hommes et les chiens de la défense du sanglier, quil fascine à tel point que, sous l'influence de son regard magnétique, cet animal se précipiterait, de lui-même, sur le fer de la sagaïe. En outre, il a le don de soustraire les indigènes aux embüches du mauvais esprit et de faire bien voir des chefs ceux qui en sont mal vus. Il y à peu de temps encore, on n'’aurait pas quitlé Tamatave pour Tananarive, sans emporter avec soi un coq blanc.

Page 1