CHAPITRE VIT
Règne végétal. — Au siècle dernier, notre illustre compatriote Commerson fut littéralement émerveillé de la richesse végétale de Madagascar, tant au point de vue scientifique qu'au point de vue utilitaire. En effet, presque tous les arbres y sont d'une essence absolument supérieure et, pour la plupart, propres à tous les genres de constructions, principalement à l'ébénisterie.
« La flore de Madagascar (1) présente deux physionomies distinctes. Celle des côtes est et nord-est est la plus riche; elle a déjà été étudiée par beaucoup de savants. Celle des côles méridionales et occidentales est moins variée ; elle est également assez bien connue. Du reste, maintenant, en ce pays, il y a peu de découvertes à faire, dans le règne végétal. La flore de l'intérieur est, pour ainsi dire, nulle : on ne voit guère dans cette région désolée que quelques herbes et quelques humbles plantes, dont les fleurs dépassent à peine le niveau des prairies environnantes. »
Ne pouvant, dans le cadre restreint de cet ouvrage, donner l’énumération complète de toute la flore de Madagascar, nous nous contenterons d'indiquer les principales essences. .
Nous citerons : en première ligne, le Paobab, le plus grand des arbres connus; le Vatter, rival de l'acajou; le Zeck, dont le bois est employé dans la marine et avec lequel on fabriquait, dans l'antiquité asiatique, les boiseries intérieures des palais; l'Ampaly, espèce de morus, dont la feuille rugueuse remplace le papier de verre pour polir les métaux; l'Avoha, dont on tire un papier grossier ; le Zapia edulis, dont les feuilles nourrissent les vers à soie malgaches; l'Aviavy, espèce
(1) AI. Grandidier (Bulletin de la Société de géographie, ?° semestre, 1883).
de figuier sauvage; le Pandanus ; le Bambou. Viennent ensuite : le Chrysopia, dont la ramification ne pousse qu'à son sommet; — cet arbre atteint 60 pieds, et peut donner les plus beaux mâts de navire; son tronc sert aux indigènes pour la construction de leurs pirogues; — l'Aymenœa verrucosa, qui produit une abondante quantité de gomme copal; le Gutta-percha, le Vouhema, d'où l'on extrait la gomme élastique ; l’Arozo; le Laurus sasafras ; le Cubeèbe;le PBéhaly; le. Zohana; le Pignonia articulata et le Bignonia telfaria, avec lesquels les Malgaches font leurs sagaïes et leurs javelots; le Zozoro, dont l'écorce leur sert à fabriquer
le papier; l’Hibiscus et le Mimosa qui leur donnent
le chanvre de leurs cordages et une sorte de feutre 2rOSSIer,
Le Santal abonde, au sud. Sur la côte ouest prédominent l'É’bène : l'Andromène; le Bois de rose ; le Pahssandre; le Bois de ruban; l'Avorrga, dont la gomme permet d'obtenir un joli vernis rose; le 7ak-amaka, dont le suc fournit une couleur jaune paille; et un grand nombre d’autres arbres résineux.
Comme plantes arborescentes, mentionnons : le Rafia, dont on utilise les fibres intérieures, qui se détachent facilement dans toute leur longueur, pour fabriquer des étoffes, des tentures et même des vêtements de travail: le ravenala (wrania speciosa), plus connu sous le nom d'arbre du voyageur. L'eau qui se trouve entre la naissance de ses feuilles est très fraiche et très agréable à boire; les indigènes emploient son bois pour leurs charpentes ; avec ses feuilles, larges et filandreuses, ils font des plats, des assiettes, des vases, des cuillères, etc.; avec son feuillage sain et frais ils couvrent leurs cases; avec les côtes de ses feuilles, reliées les unes aux autres, ils forment des