‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 164 sur 194 · OÙ .MADAGASCAR · texte numérisé non relu

OÙ .MADAGASCAR

dont la tige atteint quelquefois des hauteurs prodigieuses; le palma christi; de nombreuses variétés de

bananier; l'oranger; le mandarinier; le vangas-

sayer; le pamplemousse; le citronnier; le limonier ; le manguier; l'avocatier ; l’altier; l'évi; le jacquier; l'arbre à pain, dont l’origine remonterait moins haut que celle du cocotier; le pêcher; en un mot, presque tous les représentants de la famille connue sous le nom générique d'hespéridées. Le mürier y croit partout, ainsi que le figuier, le grenadier, le noyer, et plusieurs variétés de la vigne du Cap. Cest M. Laborde qui a le plus contribué à introduire à Madagascar l'olivier, le noyer, le chêne-liège, l'amandier, le pommier. De ces importations, quelques-unes ont parfaitement réussi; d'autres, à cause de leur végétation trop active, n ont pu s acclimater.

Le riz, qui est d'importation ancienne, est la principale production agricole de Madagascar. On en dictingue onze variétés : les unes se cultivant dans des terrains secs, les autres dans des lerrains humides; ces dernières sont les plus fécondes. Quoique le riz des environs de Manaaou soit le plus renommé, les indigènes lui préfèrent une espèce de riz rouge, récoltée dans les environs de Fort-Dauphin.

Les Malgache: se livrent encore à la culture de différentes e<pèces d’ignames et de patates, qui parais-

sent d'origine locale; du manioc, du mais, du gros

NY

millet, de l'arrow-root, du sagoutier, de la canne à sucre, de plusieurs sortes de fèves, des concombres. des melons, des giraumons, des pastèques, elc., etc

Le caféier pousse à souhait; sur ce sol, une plantation bien cultivée peut donner de quinze cents à deux mille grammes, par an et par pied.

La canne à sucre, dont la culture a été entreprise

CIAPITRE VI. 351

sur une grande échelle par des Bourbonnais et des Mauriciens, y vient pre-que à l'état naturel. Madagascar en possède une espèce particulière, très vivace et très saccharifère, dont les plants durent dix ans. Elle produit en général une moyenne de 11,250 kilosrammes par hectare.

Plusieurs sucreries sont installées dans l'ie ; elles fonctionnent très bien. Quelques-unes appartiennent à des Français; le premier ministre en possède une à Mahanoro.

Le coton réussit mieux sur les côtes que dans l'intérieur. Le voisinage de la mer lui est en effet plus favorable, mais les Malgaches de l'intérieur le négligent, par la raison toute simple qu'ils le cueillent au profit des grands et que ce travail infructueux les décourage. Il n'en n'est pas moins avéré que le cotonnier serait d’un excellent rapport au colon qui saurait l'exploiter.

Le chanvre vient très bien dans certaines parties de Pile.

Le cocotier produit un rendement triple de celui des contrées les plus réputées pour cette production.

La vigne du Cap, dont on a fait plusieurs essais, a donné les résultats les plus satisfaisants. Elle porte deux fois l'an. Les collines de Madagascar sont naturellement disposées pour la culture de celte plante.

Il existe aussi, dans l'Imérina, plusieurs plantations de thé des plus florissantes; ce thé a été classé parmi les meilleurs par des experts. Aussi, certains cultivateurs espèrent-ils arriver avec cette précieuse plante à un résultat des plus rémunérateurs.

Toutes les plantes potagères, toutes les racines d'Europe poussent à merveille. Le pois du Cap (phaseulus capensis) est l'objet d'une importante exportation. Le tabac, que nous allions oublier, est d'une qualité su-

périeure et est cultivé avec succès sur tous les points de l’île.

Règne minéral. — Indépendamment de ces richesses végétales, Madagascar recèle au fond de ses entrailles des trésors minéraux, Jusqu'à ce jour inexploités. C'est ainsi que de superbes mines de cuivre et de plomb, gisant dans les massifs mélamorphiques situés à vingt lieues au sud-ouest de Tananarive, ont été découvertes par plusieurs géologues. Le territoire de l'Émyrne possède de nombreuses mines de manganèse, ainsi que des gisements de plombagine, dont les indigènes se servent pour vernir leurs poteries. ;

Partout, l’on trouve du minerai de fer oligiste ou d'hématite. Les Malgaches l'exploitent et l’emploient pour la fabrication des couteaux, des fers de lance, et des instruments d’un usage domestique.

Le marbre blanc est très commun au centre de l'ile; veiné de jaune, il est d'une rare beauté. Dans les environs de Fianaranteoa, on rencontre des carrières d'ardoises, et dans la baie de Baly, sur la côte nord-ouest, des mines de houille et des gisements d'asphalte. |

Cette contrée si favorisée de la nature, au point de vue minéral, renferme de l'or et de l'argent en profusion; jusque-là, les lois hovas édictaient des pénali- Lés très sévères contre les indigènes qui osaient les exploiter ; aussi, ceux-ci avaient-ils soin de cacher aux étrangers l'endroit où elles se trouvent, afin de ne pas exciter leur cupidité.

Est-ce à tort ou à raison que les méthodistes anglais ont fait courir le bruit que le gouvernement hova se serait départi de sa rigueur irraisonnable, au sujet de ces mines, et autoriserait la recherche et l'ex-

SPP RS PEER Lis à

| ne À

Holiætus vociferoïdes.

ploitation de l'or, de la houille et des autres minerails? Est-ce à tort ou à raison que ces mêmes mélhodistes se vantent d'avoir été déclarés adjudicataires du plus grand nombre de ces mines, pour une période emphytéotique de 99 ans? « Que les Français s'emparent du pays, lisait-on dernièrement, dans le Wadagascar Gazetty, ils ne mettront toujours pas la main sur les mines que nous avons su nous faire concéder par le gouvernement hova! » |

S il en était ainsi, ce serait regrettable, car il est pour la France d'un intérêt capital de po:séder sur ce point du monde, sinon des mines d'or et d'argent, du moins des gisements houillers, de qualité reconnue excellente, offrant à peu près toutes les variétés : la houille sèche, la houille grasse, la houille à gaz, et dont les échantillons ont donné les meilleurs résulals. Ce qui nous fait présumer que cette nouvelle est fausse, c'est que le premier ministre, qui ne pense qu à amortir au plus tôt les quinze millions empruntés au Comptoir d'escompte, a désigné officiellement M. Rigaud, un jeune ingénieur francais, plein d'intelligence et d'activité, pour diriger uu profit du gouvernement hova l'exploitation de toutes les mines découvertes ou à découvrir et l'installation des industries utiles au pays. — Félicitons nous donc de l'importance de la situalion qui nous est faite et du succès qui a répondu aux recherches minières auxquelles s'est immédiatement livré M. Rigaud. — C'est ainsi qu'une exploitation minière a été concédée à Mahegahanana, à la Compagnie Suberbie, Compagnie française qui extrait environ un kilogramme d'or par jour et que l'exploitation des houillères de Bavatoubé doit étre prochainement entreprise pour le compte du gouvernement hova, par des ingénieurs français.

Page 1