‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 165 sur 194 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Bien que l'inimilable Code anglo-hova pousse l’esprit dexclusivisme jusqu'à interdire la fouille des mines de diamants, à Madagascar, nous avons peine à croire à l'exist nce, dans ce pays, de cette reine des pierres précieuses, dont aucun explorateur, d’ailleurs, n’a encore signalé l'existence, en cette ile. Les R.R, anglais auraient-ils des raisons secrètes pour avoir inséré cel article dans ce code qui est leur œuvre? L'avenir se chargera de nous l'apprendre.

En revanche, on y a trouvé des pierres précicuses, assez ordinaires il est vrai et peu variées: des améthystes, des aigues-marines, des opales; et, en très grande quantité, un cristal de roche, d'une beauté extraordinaire ; la montagne de Befoume, sur la route de Tamatave à Tananarive, en est constellée. Les filons de quartz, dont cette montagne est également parsemée, scintillent avec un éclat tellement éblouissant, lorsque le soleil darde sur elle ses rayons, que les

voyageurs ne peuvent les fixer (4).

Les ocres et les terres colorantes sont en grande abondance. Près de certaines parties de la côte, on ramasse du sel gemme et des pyrites contenant du soufre. Le nitre (sel de terre) se trouve à la surface des escarpements et autres endroits en saillie.

Enfin, au point de vue végélal et minéral, Madagascar est un des pays les plus riches du monde. Maintenant qu après plusieurs siècles de luttes et de revendications, nous sommes parvenus à faire prévaloir nos droits légitimes sur cette grande île, il nous appartient de bénéficier de nos efforts.

Agricullure. — La fertilité du sol est telle, qu'un méthodiste anglais, qui habite Madagascar depuis.

(1) Documents sur la compagnie de Madagascar, p. 250.

longtemps, et, par ce fait, connait à fond toutes les richesses végétales qu'elle renferme, à l’état de trésor inexploité, prétendait que le coton, la canne à sucre et le café y croitraient en quantité suffisante pour satisfaire à la consommation de tout l'empire britannique, si on prenait la peine de se livrer à la culture de ces denrées. Cette étonnante fertilité est due, en partie, aux pluies torrentielles qui inondent l'île à des époques périodiques. Or, il est à remarquer que, dans tous les pays exceptionnellement favorisés des bienfaits de la nature, les indigènes, insoucieux d'une fortune qu'ils ont sous la main, négligent généralement l'agriculture, source première de la prospétité commerciale d’un peuple, pour demander à l'industrie un gain plus rapide, mais, aussi, plus éphémére.

I n'en fault pas conclure que les Malgaches ne sont pas agriculteurs : ils le sont, mais avec cette restriction, qu'ils dédaignent toutes les autres pro- -ductions de leur terre, pour se spécialiser dans une seule culture : celle du riz, qui est la base de leur alimentation.

Malheureusement, c'est au prix de déprédations irréparables qu'ils ont établi leurs plantations. Quand ils trouvaient un terrain à leur convenance, ils s’en emparaient ; quand ce terrain était boisé, pour s'épargner un labeur rude et pénible, ils demandaient au feu de faire la place nette, en cet endroit. Que ce fût du bois de palissandre, de santal ou d’ébène, tout y passait. Que leur importaient ces bois précieux, du moment qu'ils les gênaient dans leur méthode de culture! Ce singulier procédé de déboisement est plus simple et plus expéditif que la cognée. Or, comme le feu ne s'arrêtait pas là où ils avaient fixé les limites

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