‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 168 sur 194 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

blanc safrané, rose saumon ; ils sont doux à l'œil, d’un toucher exquis, presque voluptueux ; mais dès qu'intervient le bariolage des couleurs, l'ignorance des complémentaires et surtout l'application des tons en bandes parallèles. qui empêche toute fusion, offensent l'œil quelque peu délicat. C’est un progrès à accomplir; les Malgaches l'accompliront sous notre gouverne.

Le chanvre ne leur est pas inconnu; ils l'utilisent généralement pour les vêtements de travail, et surtout pour ceux des esclaves.

Du r'aofla, arbre de la famille du cocotier, ils tirent un issu avec lequel ils fabriquent des vêtements solides pour les esclaves et les pauvres, des toiles d'emballage et des sacs à riz.

Avec les feuilles du ranivala (arbre du voyageur). d'un vert brillant et lustré, ils font des nappes, des serviettes, des assiettes, des cuillers, des vases, en un mot la plupart de leurs ustensiles domestiques.

Il n'est pas jusqu'au jonc des marais qui ne leur fournisse une espèce de paille très délicate, avec laquelle ils tressent de légers chapeaux et de coquettes pelites corbeilles, les nattes qui recouvrent les planchers des cases, et mème des draps de lit d’une finesse étonnante. Les Betsiléos et les Betzimisaraks excellent principalement dans ce genre de travail, vraiment artistique.

La corne de bœuf leur sert à façonner des bijoux, des vases opaques ou transparents, des cuillers, des fourchettes, des boiles à poudre, etc. Pour la rendre malléable, ils ont recours à la chaleur; puis ïls la découpent par lamelles variant d'épaisseur suivant l'usage qu ils veulent en faire, et la placent dans un moule en bois; ils l'étendent alors avec la main, pour

lui donner la forme du moule; après quoi, ils polissent l’objet, dès que, suffisamment refroidi, il a repris sa consistance première.

Certaine terre leur donne une excellente poterie vernie et non vernie, propre à tous les usages. La forme de leurs cruches à eau rappelle celle des amphores de l'antiquité. On en trouve de fort curieux modèles.

Comme le fer abonde à Madagascar, les forgerons y sont nombreux. Après avoir fait subir au minerai les opérations successives du broyage et du lavage, ils le passent aux hauts fourneaux, simple trou creusé en terre, où l'on entasse pêle-mêle charbon et minerai. Ils le soumettent, ensuite, au battage et, finalement, en fabriquent divers outils. Tous les marchés sont approvisionnés de fer.

Jusqu ici, les indigènes n’ont pas obtenu le ferblanc, mais ils travaillent fort habilement celui qui leur est expédié d'Europe. Chose curieuse, il faut être titré, à Madagascar, pour faire partie de la noble corporation des ferblantiers.

Si, par hasard, une pièce d'or tombe entre les mains d'un Malgache, il la vendra à un orfèvre qui la fera fondre tout aussitôt, pour la transformer en bijou. C'est à dessein que nous avons employé ces mots: par hasard, parce que, seule, la pièce de 5 franes en argent a été officiellement adoptée pour les transactions commerciales. On trouve à Tananarive des orfèvres indigènes qui, bien que ne disposant que d’outils très rudimentaires, fabriquent des chaînes, des boucles d'oreilles, des bagues, toutes sortes de jolis objets pouvant être comparés avec ceux fabriqués par nos bijoutiers parisiens.

L'extraction de la pierre ne demande pas aux car-

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