CHAPITRE VIL
riers malgaches le même mal qu'aux nôtres, et n’exige ni poudre ni dynamite. Ils étendent sur le bloc qu'ils ont choisi le plus régulier et le plus uniforme possible une certaine quantité de bouce de bœuf bien sèche, d'une épaisseur proportionnée à l'épaisseur du bloc qui leur est nécessaire, et y mettent le feu ; ils entretiennent le brasier jusqu à ce que le bloc convoité se détache de lui-même. Comme on le voit, ce moyen des plus primitifs est cependant des plus pratiques.
L’art de la construction à fait, en ce pays, des progrès considérables, ces derniers temps. Si l'on y voit encore beaucoup de misérables cases, formées de quelques poteaux de bois, recouverts par un humble toit de chaume, et qu'entourent, en guise de murailles, des bambous ou des roseaux assemblés par des lianes, ces grossières cabanes tendent de Jour en jour à disparaître, aussi bien dans l'intérieur de l'île que sur les côtes. Elles sont généralement remplacées par des constructions régulières, en boue durcie au soleil, offrant une très grande consistance et résistant à l'intempérie des saisons. On en voit aussi en briques cuites, ou simplement séchées à l'air; d’autres sont en pisé. A Tananarive, la brique cuite coûte relativement cher, à cause de la rareté du bois, tandis que la brique séchée est très bon marché. En résumé, on est certain de trouver dans les principaux centres de Madagascar, notamment sur la côte est, des maisons convenables.
En fait de meubles et d'ustensiles domestiques, les cases sont pourvues de nattes, qui tiennent lieu de sièges et de lits; de paniers, servant à serrer les vêtements; de cruches, contenant l'huile pour la cuisine ou pour la toilette; de vases de terre, de plats, de cuillers en bois, de calebasses pour l'eau, de jarres, de mortiers, de corbeilles pour vanner le riz, etc.
Chaque case possède son toitra (grenier à riz), construit tout en haut de l'habitation et reposant sur des colonnes, au sommet desquelles est une planche ronde et parfaitement unie, afin d'empêcher les rats de passer outre. Leurs pirogues sont tout ce qu'il ya de plus primitif. Elles sont faites d'un seul tronc d'arbre, creusé au feu. Ils en ont qui chargent de 4 à 5 tonnes et peuvent contenir de quinze à vingt passasers. Les Malgaches pagayent de chaque côté, tandis que l’un d'eux, à la poupe, gouverne la pirogue, en se servant d'une pagaie plus large, en guise de gouvernail.
Passons aux produits chimiques et organiques: Les Malgaches possèdent les plus utiles, entre autres: la potasse, l'huile de ricin et de pied de bœuf. C'est des cendres du jonc qu'ils tirent ordinairement la potasse, si’ a-hazo (sel de bois) ; ils s'en servaient pour assaisonner leurs aliments, avant l'introduction du sel. La potasse occupe la première place dans leur pharmacie.
Ils obtiennent l'huile de ricin, en pilant les graines de la plante et en les faisant bouillir dans l’eau, d'où elle se dégage par la cuisson, pour monter à la surface. Ils la soutirent ensuite, en i'écumant,etla mettentdans des cruches, où ils la conservent. Son épuration laisse à désirer; ce qui ne les empêche pas d'en consommer. en quantité. Ils procèdent de même pour l'huile de pied de bœuf, qu'ils emploient pour l'éclairage : ils savent la frauder, quand ils la vendent, en l'additionnant de suif fondu.
C'est, nous le rappelons avec fierté, à deux de nos compatriotes, à deux Français, MM. de Lastelle et: Laborde, que l'industrie malgache doit les progrès qu'elle a réalisés et l'extension qu'elle a prise. Nous n’entreliendrons pas à nouveau le lecteur de l'établis-