‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 172 sur 194 · CHAPITRE VII, ss · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII, ss

En dehors de ces ports, il y a, dans l'intérieur, quelques centres commerciaux, où résident des agents malgaches, le plus souvent hovas. Ces sous-comptoirs ramassent les produits indigènes et les expédient par convois dans les différents comptoirs de la côte.

Le manque de routes paralyse certainement l’extension du commerce en ces régions, car la distance qui sépare le point d'expédition du port destinataire est quelquefois de dix et douze jours de marche, et l’on est obligé, nous le rappelons, d'avoir recours pour la franchir à des porteurs.

Outre les navires français, américains, allemands et anglais, de nombreux caboteurs indiens et arabes visitent Madagascar et traitent pour Bombay, Zanzibar et les autres ports de la côte orientale d'Afrique.

Exportation. — Les principaux produits d'exportathon sont : les bœufs, les moutons, le riz, les peaux.

Les îles de la Réunion et de Maurice font venir tous leurs bœufs de la côte est de Madagascar. Le sol, dans ces deux dernières îles, étant en presque totalité affecté à la culture du café et de la canne à sucre, elles. achètent tout leur riz à Madagascar.

Dans chaque port, se trouvent des parcs de bestiaux toujours bien fournis. Dès qu'il y à acquéreur, on pousse à la mer les bêtes choisies, et, au moment . où elles perdent pied, on les attache par les cornes. aux rotins des pirogues qui les remorquent jusqu'au navire, d'où une poulie les hisse sur le pont.

Il nous souvient de la pénible impression que nous. avons ressentie, en assistant, un jour, à cet embarquement : une de ces bêtes retomba à la mer, tandis que ses cornes étaient restées à la corde de la poulie. Il arrive encore que, sur huit bœufs que l'on a amarrés. à l'arrière de la pirogue, on n'en compte plus que sept

do | MADAGASCAR.

en abordant le navire. C'est qu au passage un requin a prélevé son tribut sur le convoi. Aussi, dans les rades, comme celle de Tamatave, fréquentée; par ces squales, les Malgaches escortent-ils le troupeau, la sagaie à la main, montés sur de petites pirogues entourant celle qui traine les bœufs. |

On a appliqué le procédé de la salaison des viandes depuis plusieurs années déjà, à Madagascar ; on peut même dire quil a pris une assez grande extension depuis que les iles voisines s'approvisionnent de viandes conservées dans les ports de cette grande ile.

Le commerce des peaux est d'origine plus récente. I y a très peu d'années encore, tout bœuf tué était dépecé avec sa peau. Aujourd'hui il n’en est plus de même ; c'est avec un soin minutieux que les indigènes enlèvent les peaux, les imprègnent de sel, les sèchent et les plient pour les porter ensuite aux navires. Les peaux de Madagascar, une des plus importantes branches de l'exportation, sont assez estimées : on évalue à 500.000 ou 609,000 le nombre de celles exportées annuellement. Le prix de chacune varie, suivant les localités, entre 5 fr. 40 et 7 fr. 50. . Après, viennent le sucre de canne, qui se vend 45 fr. les 100kilog ;le café, assez renommé, qui se vend 70fr. les 400 kilog; l'indigo, dont nous achetions pour 50 millions à l'étranger; le fer brut, revenant à 20 fr. les 400 kilog.; le saindoux, qui coûte 40 francs les 100 kilog.; la gomme-copal, le caoutchouc, vendus de 300 à 400 francs les 100 kiïlog. Ce dernier produit a pris, à Madagascar, un très grand développement: le chiffre de son exportation dépasse un million de francs par année. Pendant la dernière guerre, ce sont les Américains qui l'accaparaient, l'échangeant contre des fusils Sniders et autres. Malheureusement, le sys-

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