‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 18 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tumes de son pays. Les missionnaires anglais firent la sourde oreille et voulurent protester. Alors, dans un grand Æabar (1% mars 1835), auquel assistaient plus de 150,000 indigènes de toutes castes, elle promulgua un édit qui les visait avec la dernière rigueur.

Cet édit décrétait que tous les néophytes chrétiens eussent à se dénoncer et à renoncer aux pratiques nouvelles. Il menaçait de la peine de mort ceux qui ne se conformeraient pas aux prescriptions de l’ordonnance royale.

Terrorisée par cet édit, une foule considérable d’in- . digènes, dans laquelle figuraient plus de 400 officiers, vint remettre aux mains des commissaires, préposés à cet effet, les bibles que leur avaient données les missionnaires anglais. Les officiers furent dégradés et le commun des mortels fut condamné à une forte amende.

Cette fois, force fut aux Anglais d'abandonner définitivement Tananarive, où ils avaient été les maitres pendant quinze ans, après y avoir dépensé la somme de 1,549,000 francs. Ainsi donc, leur œuvre, si laborieusement échafaudée, au prix de tant de sacrifices, s’écroulait en un seul jour.

En revanche, les Francais étaient considérés sous un meilleur jour. L’amiral Duperré, ministre de la marine, fut même avisé par un capitaine marchand, qui avait mouillé à Madagascar, que la reine Ranavalona était désireuse de signer un traité de paix et de commerce avec la France.

En réponse à ces bonnes dispositions, au mois de décembre 1837, un capitaine de vaisseau fut chargé de jeter les bases de ce traité. Mais les négociations restèrent sans résultat.

Alors il advint que les Hovas maltraitèrent les

Européens résidant à Tananarive. Pour châtier cette offense, la France envoya à Tamatave le Lancer et le Colibri, que rejoignirent bientôt deux corvettes anglaises. Les Hovas se vengèrent de cette démonstration hostile, en incendiant, pendant la nuit, les habitations des Européens. Les marins français arrêtèrent les progrès du feu, et nos mandataires exigèrent du gouverneur de Tamatave des garanties permettant aux traitants élablis sur la côte d'y vivre en toute sécurité.

Cependant les Anglais, chassés de Tananarive, n'avaient point perdu tout espoir d'y rentrer et de reconquérir leur influence. En 1839, ils revinrent à la charge et, de Maurice, députèrent à la reine, d’abord un négociant, puis un agent officiel, M. Campbell, sous le prétexte de lui demander des esclaves pour leurs plantations.

« Vous venez, leur répondit-elle, m'annoncer que vous avez rendu la liberté à vos esclaves, et chercher mes sujets pour travailler vos terres, sachez que Je punirai de mort celui qui aura contracté un engagement avec vous. » Et, confirmant ces paroles par un exemple, elle fit sagayer, sous les yeux de l'agent britannique, plusieurs Malgaches accusés d'avoir traité secrètement avec lui.

À cette époque, nous avions, comme gouverneur à Bourbon, un homme d’une haute valeur, doué des qualités les plus remarquables chez un marin : l'amiral de Helle. Sachant que les indigènes de la côte ouest, les Sakalaves, pourchassés par les Hovas jusque dans les îles du canal de Mozambique, où ils s'étaient réfugiés, n'attendaient que l’occasion de secouer le joug de leurs oppresseurs, il vint à eux. Ceux-ci lui offrirent de céder leurs îles à la France, ainsi que tout le territoire dont les Hovas les avaient chassés. L'amiral

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