CHAPITRE PREMIER
au prix de bien des sacrifices, souvent même au péril de leur vie, essayèrent, tant de fois, de faire prévaloir
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M. Jean Laborde, ancien consul de France à Madagascar.
les idées françaises dans ces contrées, et, les premiers, nouèrent des relations commerciales avec les Hovas. Parmi eux, citons: M.Arnaux, représentant dela mai-
son Rantonnay de Bourbon qui, déjà sous le règne de Radama [°, avant 1830, avait fondé une sucrerie à Mahéla, et était parvenu à sauver cet établissement de la destruction, en se placant sous la protection de la reine ; M. de Lastelle, qu'il avait présenté à celle-ci comme son futur successeur, prit la suite de ses affaires. Ranavalona autorisa ce dernier à installer, dans ses États, une guildiverie, ou fabrique de tafia, et lui concéda la ferme des droits de douane sur plusieurs points du littoral. De plus, elle le chargea de venir en France opérer divers achats. Quoique l’expédition Romain Desfossés vint déjouer les projets de M. de Lastelle, 1l ne resta pas moins de vingt ans à Madagascar. |
Un peu après lui, un navire, commandé par M. Savoie, faisait naufrage à Fort-Dauphin, et un de ses passagers abordaiït la côte à la nage. C'était M. Jean Laborde, originaire d'Auch. Bientôt, par la vivacité de son esprit, qualité commune à tous les gascons, il sut gagner l'amitié de la reine, à laquelle il avait été recommandé par M. de Lastelle, et acquit sur elle un ascendant considérable, dont il se servit, plus au profit de sa patrie que de ses intérêts particuliers. Il s'était établi près de Tananarive, dans une somptueuse habitation, qu'il appelait soatsimananapiouvanana (lieu charmant qui ne changera jamais). Cet homme arriva au plus haut degré de la prospérité et son nom reste intimement lié à l'histoire de Madagascar. Il avait créé de nombreuses manufactures, mues par des roues hydrauliques, où il employait plus de dix mille ouvriers. On y filait la soie; on y fondait des canons et des boulets; on y faisait du charronnage, de la menuiserie, de la charpenterie, de la serrurerie ; on y fabriquait de la porcelaine et du savon. En dehors de