CHAPITRE PREMIER
Cependant, la date du couronnement avait été retardée jusqu'au 28 septembre, à cause du retour de M. Lambert, annoncé seulement pour la fin du mois d'août.
Après des fêtes brillantes et nombreuses, ce fut le 45 août 1862 que, pour la première fois à Tananarive, notre pavillon national fut arboré sur le consulat français. Cette imposante manifestation fut suivie d'une messe, à laquelle assistèrent, en grand apparat, le roi, la reine, les ministres, ainsi que le personnel des deux missions, au grand déplaisir de messieurs les anglais.
Le 48 septembre, au matin, le canon retentit. Il proclamait la grâce des complices de Ramboasalama et des pauvres chefs sakalaves détenus sous Ranavalona, en même temps qu'il donnait le signal des réjouissances du couronnement. |
Le 20, dans une audience solennelle, donnée en son palais par le roi à la députation francaise, fut signé Le traité de commerce entre les plénipotentiaires de Napoléon IIT et de Radama IT, malgré les observations du chef de la mission anglaise et du sournois Ellis, qui assistaient également à cette entrevue.
Ce traité est le plus honorable et le plus avantageux que la France ait conclu avec les Hovas, à la fois dans l'intérêt de ses nationaux et dans celui des indigènes.
À l'issue de cette audience mémorable, où la France venait d'affirmer si hautement son prestige, le duc d'Emyrne présenta au roi les présents qu'il avait apportés pour lui. Ces objets, évalués pour le moins à 50,000 francs, consistaient en une couronne royale’ que l’empereur avait tenu à offrir à Radama, en un diadème, en deux manteaux de gala et en ün costume
de maréchal de France, que l’impératrice lui adressait, de son côté.
Le 22, au soir, les feux d’une innombrable quantité de torches, illuminant soudain l'horizon, annonçaient la cérémonie du lendemain. Cette soirée, d’un effel vraiment grandiose, fut gâtée par un sinistre événement. Un incendie attribué, par les uns au vieux parti, par les autres aux indépendants, faillit détruire toute la ville. Fort heureusement, grâce aux secours organisés par M. Laborde, il fut promptement localisé et, vers une heure du matin, tout danger était conjuré. |
Enfin, le 23, les fêtes du couronnement eurent lieu, au milieu de l'allégresse générale. Plus de 200,000 personnes, venues de tous les points du pays, y assistaient. Les deux délégations contribuèrent par leur présence à en rehausser l'éclat. M. Laborde, qui en était l’habile organisateur, s'était surpassé. |
Cette cérémonie, selon l’usage traditionnel, eut lieu, publiquement, au champ de Mars de Mahamasina, où se trouve la pierre sacrée, sur laquelle on a coutume de faire monter l'héritier du trône, quand on le présente au peuple.
La couronne en tête, le manteau royal sur les épaules, le sabre nu à la main, Radama, du haut de cette pierre, harangua son peuple, et son discours fut accueilli par les cris répétés d’un enthousiasme universel. Tous les Hovas accourus à cette solennité célébraient avec des transports de joie Les vertus de ce sage souverain, que la mort impitoyable devait bientôt ravir à leur amour, avant qu'il eût le temps de mener à bien l’œuvre de prospérité qu'il avait si généreusement entreprise.
Dès le 95 septembre, la mission anglaise, voyant