CHAPITRE PREMIER. mue
but, il avait arrosée du sang d’un roi innocent et d’un srand nombre de ses sujets. Il n'avait plus rien à faire dans ce pays conquis par ses menées hypocrites. Aussi, fier de ses succès, ne tarda-t-1l pas à quitter Madagascar, pour aller fomenter ailleurs ses sinistres intrigues.
Malgré tout, le gouvernement français n'avait pas abandonné l'espoir de renouer les relations interrompues par la rupture du traité de 1862. Laissant aux esprits le temps de calmer leur effervescence, il charseait, vers la fin de l’année 1866, M. le comte de Louvières, de la besogne ingrate de négocier un nouveau traité.
Bien que soutenu par le crédit de M. Laborde, ce vaillant plénipotentiaire eut à subir toutes les vexations et toutes les insolences, de la part du gouvernement hova. A son entrée dans le port de Tamatave, le navire sur lequel il avait fait la traversée tira, sur son ordre, vingt et un coups de canon en l'honneur de la reine des Hovas. La batterie du fort ne répondit pas à son salut. À Tananarive, ce ne fut que quelques Jours après son arrivée qu'il obtint une audience de la souveraine. [Il mourut à son poste, le 1°" janvier 1867 ; le bruit courut qu'il avait été empoisonné. Son corps repose dans le cimetière catholique d’Ambohipo, près de Tananarive.
La mort de M. de Louvières coupa court aux né-
gocialions entamées.
Sur ces entrefaites, Rasohérina, dont la santé était très ébranlée, voulut, imitant l'exemple de sa tante Ranavalona, faire une excursion dans l'intérieur de son royaume et aller prendre les eaux thermales de Rano-Mafana, situées sur la côte est. Elle se mit en campagne, au mois de Juin 1867, avec une suite de