‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 42 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

assurer la vitalité de cette machine protestante malsache, profitant des bonnes dispositions de la reine et du premier ministre en sa faveur, elle obtenait un édit royal, prescrivant à chaque localité de l’Imérina d'avoir à ouvrir une école et un temple, où tous les enfants. seraient tenus de venir, obligatoirement, apprendre, sous le nom de Prière de la reine, la haine de la France et la crainte de l'Angleterre.

Ce n'était pas encore suffisant. Le nouveau dieu pouvait être offusqué par la présence des anciens. Un nouvel édit, paru le 8 septembre 1869, ordonnait la destruction des Sampys (idoles) qui furent livrés aux flammes. On n’osa pas interdire directement le culte catholique et la langue francaise, voués irrévocablement, comme de vulgaires sampys malgaches, à une prochaine disparition, mais les instructions, données à leur égard étaient de nature à les saper sourdement et sans reläche.

Ces édits successifs, et surtout celui proscrivant le culte des idoles, provoquèrent dans le peuple hova une douloureuse émotion. C'était, en effet, une enitreprise grave que de le forcer ainsi à renoncer, sans transition, à ses croyances, à ses sampys. Ges sampys / c'étaient ses dieux Lares et Pénates ! les dieux de ses ancêtres! Les dieux tutélaires de la patrie! les gardiens du foyer! Et l'on venait maintenant les bafouer! les traiter d'imposteurs! On voulait les livrer aux flammes ! ces dieux sacrés, que ses pères lui avaient appris à vénérer, de génération en génération, comme des êtres d'une essence supérieure qui, dans leur toutepuissance éternelle, régnaient en maîtres absolus sur la souveraine elle-même! On prétendait lui arracher du cœur des croyances séculaires! des légendes qui avaient été la joie de son enfance, le respect de son

age mûr, Sa consolation ou sa crainte dans la mort!

Le gouvernement hova comprit qu'une religion ne pouvait s'imposer à la masse, par mesure administrative ; aussi employa-t-il la force et procéda-t-il manu militari. Singulière façon de faire pénétrer la foi dans les cœurs ! N'importe, tout moyen était bon aux RR., pourvu qu'ils arrivassent à leurs fins. Des soldats commencèrent leur œuvre de destruction, en brülant l’idole la plus vénérée, qui se trouvait non loin de Tananarive, au village sacré d’Ambohimanambola, ainsi que le sanctuaire où elle était déposée. Puis ce fut, dans tout le royaume, un autodafé général.

Il est à remarquer que partout où s'introduit la religion protestante, elle ne tarde pas à se diviser et à se subdiviser en une infinité de sectes. Cette désagrégation continuelle de son dogme nuira toujours au développement de son prosélytisme, et la placera dans une condition inférieure de succès, toutes les fois que sa propagande se heurtera à la propagande catholique, qui émane, elle, d'une doctrine unique et immuable. Bientôt en effet, quatre ou cinq sectes dissidentes essayèrent de se disputer le gäteau. Finalement, celle qui l’emporta fut la secte des mdépendants : la London missionary society, à laquelle était affiliée la reine, qui en était la plus fervente adepte.

Vinrent nos désastres de 1870. Leurs tristes conséquences fournirent une arme de plus à nos ennemis: ils en profitèrent pour décrier la France. À les entendre, nous ne comptions plus au nombre des nations, toutes nos forces avaient été détruites par la Prusse victorieuse. Maintenant, sans prestige et désarmés, nous étions une puissance finie. On pouvait tout oser contre nous, On osa tout. Bes leconsdes Farquhar, des Hastie, des Ellis, des Packenham portaient leurs fruits.

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