‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 49 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

M. Seignac-Lesseps, gouverneur de Nossi-Bé, avait joint ses rapports à ceux du commandant en chèf de la station navale.

À ces appels pressants, l'amiral Jaurés guiberry répondit en presecrivant au commandant Le Timbre de gagner Mazangaye, territoire complètement et itérativement cédé à la France, pour en chasser les Hovas, qui avaient eu l'audace d'y établir un poste, et de s'y tenir prêt à agir, selon la tournure que pin Roen les événements.

Arrivé à destination, celui-c1 apprit que l’Antananarivo, le seul navire composant les forces navales de S. M. hova, se disposait à transporter des troupes sur tout le littoral N.-0., dans le but d'achever de le soumettre. Aussitôt, le commandant Le Timbre appareilla pour Tamatave, où il mouilla, le 5 mai 1882. Là, il trouva les lettres de M. Baudais le mettant au courant de la situation (Notre consul n'était pas encore arrivé à Tamatave; il n’y arriva que le 29 mai 1882).

Décidé à remplir sa mission jusqu'au bout, le commandant Le Timbre se rendit au fort hova et protesta contre toute tentative d’envahissement, déclarant au gouverneur que la France traiterait en usurpateurs les drapeaux arborés sur ses concessions et s’oppôserait par les armes à tout débarquement de troupes, à Mazangaye, ou sur tout autre point du littoral.

Puis il se rendit à l’ile de la Réunion, pour se ravitailler, et fut de retour, le 11 IL à Tamatave, où 1 il trouva M. Baudais.

Cependant, comme si de rien n'était, Done rivo embarquait, sous nos yeux, tout le matériel nécessaire à des troupes en campagne, et les RR. /ndépendants répandaient le bruit que le commandant francais n'était nullement à craindre, défense lui ayant

été faite d’avoir recours à aucun moyen coércitif.

Alors, le commandant Le Timbre, d'accord avec M. Baudais, fit prévenir les autorités hovas quil n'hésiterait pas un seul instant à s'emparer de leur navire, s'il débarquait, sur un point quelconque du littoral, de la troupe et du matériel de campagne. Après cette deuxième sommation, il se rendit, à bord du Forfait, à Nossi-Bé, où il prit le commandant Seignac-Lesseps ; et tous deux, ensuite, gagnèrent la baie de Passandava, où ils mouillèrent devant Ampassimène, village sous la domination de la reine Binao. |

Le, lendemain, dès l'aube, ils se dirigèrent, sans armes, en veste de coutil blanc, la canne à la main, accompagnés seulement de deux hommes, vers la case où flottait le pavillon hova, et, sans rencontrer de résistance, l’arrachèrent. Puis une baleinière du Forfait amena quelques charpentiers, qui, en présence de la population malgache, abattirent le mât de pavillon et le coupèrent en morceaux, à la grande Joie des Sakalaves réunis.

Cette exécution accomplie, les deux commandants, retournés à bord du Forfait, atteignirent l'embouchure de la rivière de Sambirano, qu'ils remontèrent en canot jusqu à à milles dans l'intérieur des terres, pour procéder de la même façon au village de Béhamaranga. |

Non content d’avoir arraché le pavillon hova de ces deux endroits où il flottait indûment, de retour à Tamatave, le brave commandant Le Timbre fit plus : il mit l'embargo sur le navire royal.

Alors, le premier ministre hova commença seulement à réfléchir. Il pensa qu'il serait peut-être prudent, pour éviter de plus graves complications, de cé-

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