‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 51 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des banquets, des fêtes, des réceptions officielles, des représentations de gala, des cadeaux, tout cela leur fut prodigué. Quant au concours dévoué de la perfide Albion, il se borna à ces seules démonstrations d'amitié. Nos ambassadeurs, un peu penauds de leur déconvenue, reconnurent, mais un peu tard, que les belles promesses ne coûtent rien, et que mieux vaut tenir que courir. |

Craignant de s'exposer à de nouveaux pas de clere, ils rentrèrent dans leurs foyers, où on les accusa, en guise de remerciements, d'avoir témoigné trop de sympathie au gouvernement francais.

Que faisaient, pendant ce temps-là, les Hovas ? Utilisant les loisirs que leur laissaient les démarches de leurs mandataires, ils travaillaient activement à fabriquer de la poudre et des engins de guerre, sous la direction des Anglais, et ils continuaient tranquillement à envoyer des troupes sur la côte N.-0., affirmant ainsi l'intention annoncée par leurs ambassadeurs de ne céder en rien, et de se tenir prêts à se mesurer avec nous, le cas échéant.

Le 15 février 1883, le contre-amiral Pierre ne tait Toulon, à bord de la flore, se rendant à Zanzibar, où l’attendait M. Baudais, muni d'instructions du ministre des affaires étrangères, qui était alors M. Jules Ferry, lequel venait de succéder à M. Duclerc.

Cependant, dans l'intervalle, Raïinilaïiarivony était revenu à de meilleurs sentiments, ou plutôt à une plus juste appréciation des difficultés pendantes. Résistant aux conseils d'un nommé Comeron, reporter du Standard, qui essayait de le berner par de nouvelles promesses, subissant l'influence de M. Suberbie, qui représentait l'élément français à Tananarive, depuis l'abandon du consulat, il était disposé à concilier et

voulait écrire dans ce sens au Président de la république, lorsque lui parvint la nouvelle du bombardement de la côte ouest.

En effet, le 16 mai 1883, l'amiral Pierre s'emparait de Mazamgaye, et en chassait deux mille Hovas, qui s y étaient fortifiés.

Cette nouvelle arriva à Tananarive, le 24 mai. Aussitôt, le missionnaire imprimeur Parrett courut au palais et demanda que le parlement fût convoqué, pour ordonner le massacre de tous les Francais résidant dans la capitale. Mais le premier ministre, enfin convaincu du rang important qu occupait la France parmi les nations, craignant d'aggraver les représailles, en augmentant la mesure déjà comble de nos griefs, répondit que quiconque toucherait aux Francais serait tué de sa main. Et, après en avoir référé à la reine et à son conseil, il déclara que le bombardement de Mazangaye déchirait les traités conclus avec la France et que tous les Français établis dans l’'Emyrne eussent à quitter le territoire hova. L'ordre d'expulsion fut signifié, le soir même, à 6 heures, à M. Suberbie.

Après s être consolidé à Mazangaye, l'amiral Pierre cingla vers- Tamatave. Là, de son bord, il adressa à la reine Ranavalona un ultimatum lui enjoignant de reconnaître nos droits sur l’île et d'accorder pleine et entière satisfaction aux héritiers de M. Laborde. Faute par elle d'accéder à ces légitimes réclamations, il bombarderait Tamatave et l'occuperait mililairement. Le gouvernement hova accueillit cet ultimatum par une réponse négalive, qui parvint à l'amiral, le 9 juin 1883. Dès le lendemain matin, la Flore, la Creuse, la Mèvre, le Beautemps-Beaupré, le Boursaint et le Forfait ouvraient le feu sur le fort et les batteries de Tamatave. Au premier coup de canon, les

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