‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 55 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La mission de l’amiral Galiber ne fut:pas de longue durée. Il ne tarda pas à être remplacé par le contreamiral Miot, qui s'embarqua, le 2 avril 1884, pour

‘aller prendre possession de son poste.

Afin, sans doute, de tâter le terrain et d'étudier le caractère du nouveau commandant francais, les Hovas reprirent les pourparlers et convoquèrent l'amiral Miot à une réunion de plénipotentiaires. L’amiral y arriva en bourgeois. Jugeant clairement, dès le début de l'entretien, qu'on ne parviendrail pas à s’entendre sur les bases d’un accord honorable, ne voulant pas s'embarquer dans les subtilités oiseuses d’une discussion sans résultat, il rompit net la conférence, disant aux ambassadeurs malgaches qu'il était inutile de poursuivre les négociations, s ils n'apportaient pas une réponse à l’ultimatum dénoncé par les amiraux ses prédécesseurs et le commissaire de la république, ainsi que toutes les pièces à l'appui, revêtues du sceau de l’État, et offrant toutes les garanties exigées par la France.

Décontenancés par cette attitude catégorique, les envoyés hovas comprirent qu'ils n’avaient plus qu'à se retirer ; ce qu ils firent avec quelque dépit.

Le 3 juillet, dans un immense kabary, auquel assistaient deux cent cinquante mille de ses sujets, la reine s'était montrée à cheval à son peuple. Après avoir exposé l’ultimatum de l'amiral Miot, elle avait déclaré qu’elle avait refusé de céder un pouce de la terre de Madagascar. et que ses soldats, conduits par le célèbre général Willoughby, que nous présenterons plus loin à nos lecteurs, avaient, le 28 juin, dans une sortie, battu les Français à plates coutures.

La Chambre des députés, fatiguée de ces lenteurs, désireuse d'en finir, une fois pour toutes, avec cette

énervante question de Madagascar, avait nommé à cet effet, au mois de mars, une commission parlementaire, présidée par M. de Mahy, et dont M. de Lanessan était le rapporteur. Cette commission conclut à une de-° mande de crédit de 5,196,000 francs, que l’Assemblée accorda, le 21 juillet 1884, par 360 voix contre 84.

Déjà, les troupes du Tonkin rentraient dans leurs foyers.

Au commencement de septembre, l'amiral, qui ne restait pas inactif, prenait, sans rencontrer de résistance, possession de la baie de Passandava, l’une des plus importantes et des plus vastes de la côte nordouest de Madagascar. Le 22, il bombardait Mahonoro, village situé sur la côte est, à 50 lieues de Tamatave. C'était par cette place qu entraitpresquetoute lacontrebande de,guerre. Elle est le point initial d'un des meilleurs sentiers qui conduisent de lacôte à Tananarive.

Malheureusement, la saison des pluies avançait et allait paralyser les opérations de l'amiral. Il faudrait donc, pendant cette période, rester tranquille jusqu’à la belle saison, tout en maintenant sévèrement le blocus, et attendre patiemment le moment propice d'attaquer Farafate, village situé à 6,000 mètres seu lement, en ligne droite, de Tamatave, mais que l’on ne pouvait atteindre qu'en faisant un long détour, à cause des marais insalubres qui en défendent les abords, et où les Hovas avaient établi de solides retranchements.

L’amiral Miot, soucieux de protéger les populations indigènes, nos alliées, molestées par les Hovas depuis la destruction de leurs postes, avait chargé un capitaine d'artillerie de relever, sur un des points de la côte ouest, un emplacement favorable à la construction d'un blockhaus, afin que nos protégés

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